| Qui était Ruben UM NYOBE |
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Qui était Ruben UM NYOBE ![]() 1913 – 13 Septembre 1958 Sa vie familiale : Nom : Um Nyobe Ruben Georges François. Naissance : en 1913 à Eog Makon près de Boumnyébél. Père : Nyobe Nsunga, lôg Ngônd, lôg Mbonbe, grand ÑU UM généralement considéré aussi comme membre de la confrérie des hommes-panthères. Mère : Ngo Um Nôñôh, ndôg Ngônd Mahole, décédée deux jours après la naissance de Um, son treizième enfant. Les douze premiers étaient tous décédés. Fait rare, Um naquit complètement enveloppé dans son placenta. Mère adoptive : Ngo Bangwén, co-épouse de sa maman. Epouses : 1944 : Ngo Mayack Marthe Françoise, Badjôb, élevée chez le pasteur Makon ma Nlénd. Avant leur séparation définitive à l’entrée de Um au maquis, ils ont deux filles. Et en secondes noces, Ngo Njock Yébga Marie, ndog Sul du village de Libél Li Ngoi (épousée à titre posthume), sa compagne du maquis avec qui il a un fils né en 1957 : Daniel Ruben Um Nyobe. Enfants : au 13 septembre 1958, il est père de trois enfants (deux filles et un garçon). Selon la tradition, il est aussi le père posthume des enfants de ses veuves nés dans son foyer. Son parcours académique : 1920 : conduit à Makaï à la station missionnaire protestante où il apprend le catéchisme. 1921 : reçoit le baptème. 1924 : entre à l’école primaire protestante à Ilanga près d’Eséka. 1930 : entre au cours moyen deuxième année à Sakbayémi ; il a entre autres camarades: Njéck Bikôi, Nyobe Likund, Yôgô Nônôh, Bisuu bi Mang, Matip ma Sounjock, Eone Oscar etc... 1931 : le 30 juin, reçu à l’examen du CEPE au centre régional d’Edéa. Pendant 2 ans, travaille comme moniteur de l’enseignement protestant. 1933 : Reçu au concours d’admission à l’Ecole Normale des missions protestantes de Foulassi Exclu de l’école pour cause de revendication de meilleures conditions d’alimentation pour l’ensemble des élèves. Présente avec succès comme candidat libre, l’examen en vue du Diplôme de Moniteur Indigène (DMI) sanctionnant la fin de la scolarité à l’Ecole Normale Enseigne à nouveau dans les écoles des missions protestantes cette fois comme moniteur diplômé Son parcours professionnel : 1935 : le 29 juillet, entre dans l’Administration comme écrivain auxiliaire. Du 1er août 1935 à fin mars 1936, il est affecté à la direction des finances à Yaoundé comme Teneur de Contrôle de Solde. D’avril 1936 au 31/01/1937, il est Teneur des Registres et Secrétaire à la Section des Pensions. Le 19 novembre 1936, le chef de service des finances apprécie ainsi sa valeur professionnelle : « écrivain auxiliaire intelligent, consciencieux, ... s’acquitte bien de ses fonctions ». Il l’autorise à prendre part au concours pour l’emploi d’écrivain - interprète le 23 novembre 1936 à l’Ecole Supérieure de Yaoundé. Succès au concours. Le 02 décembre 1936, il est ainsi noté par le chef de service des finances et du matériel : « écrivain auxiliaire ayant une bonne instruction ; pourra faire, lorsqu’il aura acquis de l’instruction, un agent utile de l’administration. Droit à l’avancement ». 1937 : le 1er février il devient écrivain-interprète stagiaire, toujours Teneur des Registres et Secrétaire à la Section des Pensions. Le 05 novembre il est ainsi noté par le Directeur des finances : « s’est mis très rapidement au courant de un an de service de tenue de contrôles de la CIR et des services de pensions. Donne entière satisfaction. Note 19/20 » 1938 : le 16 novembre il est à nouveau noté par le Directeur des finances : « est titularisable le 1er février 1939. A donné entière satisfaction. Fera un excellent fonctionnaire indigène. Proposé pour la titularisation. Note 19,5/20 » 1939 : le 1er février, devient écrivain-interprète 4e classe. En juin : présente avec succès la première partie du baccalauréat. 1940 : septembre : devient Chargé de la Section des Pensions. Le 15 novembre 1940, le Directeur des Affaires Economiques et Financières l’apprécie ainsi : « donne entière satisfaction. Sujet intelligent et travailleur. Attention correcte, droit à l’avancement acquis en février 1941 ; proposition pour classe supérieure à compter du 1er juillet 1941 ; note : 17,5/20 ». En réalité il ne deviendra Ecrivain- interprète troisième classe que le 1er janvier 1941. Pendant le même temps, alors qu’il est l’un des premiers fonctionnaires à habiter à Messa où il construit lui-même sa maison, il mène parallèlement une active vie sociale et culturelle. C’est un autodidacte qui ne cesse de se former en lisant tout ce qui lui tombe sous la main ; c’est un amateur du sport, en particulier du football où il officie comme arbitre puis de 1940 à 1945 comme dirigeant de la ligue ; c’est aussi un choriste qui, tous les dimanches, se produit dans son église. Le 15 octobre 1941, le Directeur des Affaires Economiques et Financières l’apprécie comme suit : « connaît bien son travail et l’assure avec zèle et conscience, proposable pour la classe supérieure. Droit à l’avancement : 2ans 11 mois au 1er janvier 1942. Proposition pour être interprète 2e classe ». Le 03 janvier 1942, le même Directeur des Affaires Economiques et Financières lui attribue la note de 18/20 tout en faisant l’appréciation suivante : « agent connaissant bien son travail mais irrégulier dans sa manière de servir ; bon agent ; un peu trop prétentieux ; n’est pas proposable ». Il adhère au Cercle d’Etudes Sociales créé en 1943 et animé à Douala et Yaoundé par des militants syndicaux français en vue de se préparer à assumer des responsabilités syndicales comme il en assumera à l’USCC dont le congrès constitutif se tiendra le 18/12/1944 à la Salle des Fêtes d’Akwa. Le 1er janvier 1944 il devient Ecrivain - interprète 2e classe ; cet avancement est précédé de l’appréciation suivante : « serait un bon agent s’il apportait plus d’attention à son travail. Note : 17/20 ». A partir de ce moment, les chefs hiérarchiques ne signent plus les appréciations qu’ils émettent au sujet de ce fonctionnaire. Ainsi, le 28 octobre 1944, il sera noté 18/20 avec l’appréciation suivante : « agent intelligent et travailleur, chargé du service des pensions de la caisse locale ; s’acquitte de son travail avec beaucoup de conscience » Devient 1er Secrétaire aux pensions de janvier à mai 1945, à la suite de l’affectation d’un chef de section européen. Le 31 mai 1945, affecté en Sanaga maritime. Départ de Yaoundé. 02 juin 1945 arrivée à Ngambe où il sert comme Secrétaire à la prison et au tribunal du 1er degré. 24 et 25 Septembre 1945 : grèves à Douala. Les colons organisent la chasse aux syndicalistes, aux anciens combattants, et aux noirs en général ; grand massacre. Le 02 octobre 1945, noté 16/20 ; oui au droit à l’avancement au 31 décembre 1941 ; proposition après réserve. L’appréciation est la suivante : « Intelligent et travailleur, l’écrivain-interprète Um Nyobe Ruben a malheureusement des défauts qui font parfois oublier ses qualités. Son travail d’interprète n’est pas toujours d’une loyauté absolue. Il est un fervent amateur de l’intrigue : affaires de chefferie, politique indigène. Excellente tenue. Sans ces défauts, il serait un parfait collaborateur, mais a besoin d’être surveillé de près. » 23 octobre 1945, départ de Ngambe, affecté au Bureau de la Région à Edéa où il arrive le 25 octobre 1945. Le 1er janvier 1946, il devient Ecrivain- interprète de 1ère classe Ses attributions sont celles de Secrétaire au Tribunal de 2e degré et aux Affaires Domaniales. Il est mis à la disposition du juge de paix à attributions correctionnelles d’Edéa pour compter du 1er septembre 1946. Le 03 mai 1946 a lieu à Edéa le procès Tong Likéng. Um Nyobe et Bissek Guillaume se portent conseillers de Tong Likéng et lui conseillent de choisir de faire assurer sa défense par Logmo Nib Antoine. Le 29 septembre 1946, il est noté 19/20 et apprécié comme « fonctionnaire intelligent-travailleur, donne satisfaction » Son parcours militant : Le 30 mars 1947, participe au congrès constitutif du RACAM à Douala. Mai 1947, affecté à Maroua en qualité de greffier de justice ; il est déjà secrétaire général adjoint de l’USCC et s’est attelé à la traduction en Basaa de la charte du RACAM. Finalement, à la suite des protestations des militants syndicaux, il n’ira pas à Maroua, mais plutôt à Ngaoundéré où il créera une section de l’USCC. Le 28 novembre 1947, il est élu secrétaire général de l’USCC. Le 08 janvier 1948, à Ngaoundéré, il est noté 12/20 et ainsi apprécié : « Intelligent mais ne connaissant pas son milieu ; esprit douteux » Le 10 avril 1948, création de l’UPC. Le Bureau provisoire était composé de : Secrétaire Général : Léonard BouliNovembre 1948 élu Secrétaire Général de l’UPC par le Comité Directeur sur proposition de Mayoa Beck, succède dans ces fonctions à Léonard Bouli. Le 28 décembre 1948 Ngom Jacques lui succède comme Secrétaire Général de l’USCC. Du 1er au 05 janvier 1949 : Est élu vice-président du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) à son deuxième congrès tenu à Treichville (Côte d’Ivoire). Sollicite et obtient d’être placé en position de disponibilité pour une période de 12 mois renouvelable à dater du 1er juin 1949. 12 au 27 novembre 1949, première mission de visite du Conseil de Tutelle au Cameroun. Le 10 avril 1950, premier congrès de l’UPC à Dschang ; reconduit dans ses fonctions de Secrétaire Général. La composition du BCD est la suivante : Président : Djoumessi Mathias Vices-présidents : Bagal Guillaume, Essi Essama Philippe, Moumié Félix Rolland, Noumouwe Samuel. Secrétaire général : Um Nyobe Ruben Trésorier général : Yapp Emmanuel. Le 17 juin 1951, candidat présenté par le Comité Directeur de l’ UPC aux élections législatives juillet 1951 : début du « Procès de l’incompréhension ». 14 au 17 décembre 1951, Assemblée traditionnelle du peuple Douala à Kumba. L’UPC y est représentée par une délégation forte de 28 personnes. 3 août 1952 : fondation de l’UDEFEC. 22 août : rencontre de Tiko : Déclaration Commune des deux mouvements nationaux kamerunais, le Kamerun United National Congress (KUNC), représenté par Jabea Dibongue, Lucas Ayissi et Frederic Tante Coffie d’une part, et d’autre part l’Union des Populations du Cameroun (UPC), représentée par Ruben Um Nyobe et Abel Kingue. Septembre : mission d’enquête du Conseil de Tutelle au Cameroun : grande campagne de pétitions ; présentation du Manifeste « pas un seul habitant de notre pays sans une revendication » 29-30 septembre : deuxième congrès de l’UPC à Eséka ; il est à nouveau reconduit dans les fonctions de Secrétaire Général aux côtés de Félix Roland Moumié Président, Abel Kingue et Ernest Ouandié Vice-Présidents, Innocent Kamsi Trésorier Général. 15 décembre : participation au Congrès de Kumba qui revendique la réunification et l’indépendance de notre pays dans un délai de 5 ans à dater du 1er janvier 1952. 17 décembre : première intervention à la 4e Commission du Conseil de Tutelle aux Nations Unies Le 25 mars1953, attentat de Foumban ; Um Nyobe est blessé à la nuque. le 05 décembre, deuxième intervention devant la Quatrième Commission du Conseil de Tutelle le 12 décembre : attentat de Mbouroukou : Abel Kingue, vice-président de l’UPC est agressé, blessé et laissé pour mort ainsi que ses compagnons. En 1954 : chasse aux dirigeants et militants upécistes ; affectations disciplinaires, vexations, sanctions arbitraires, perquisitions, arrestations, incendies des permanences etc... création de l’Ecole des cadres et admission de la première promotion : la promotion « Volcan ». 27 avril : propositions concrètes de l’UPC au Gouverneur français Soucadeaux 21 août : fondation de la Jeunesse Démocratique du Cameroun (JDC). Décembre, troisième et dernière intervention devant la Quatrième Commission du Conseil de Tutelle et, en compagnie de Kingue Abel pour le compte de la JDC, seule et unique intervention devant la 9è session de l’ONU. 30 décembre : propositions concrètes de l’UPC au Haut-commissaire français Roland Pré. 1955, 18 avril : allant de Yaoundé à Douala, Um Nyobe échappe de justesse, grâce à la vigilance des militants et sympathisants upécistes, à l’accident de l’avion Héron qui s’est abîmé dans la forêt du Nkam, à la suite de son sabotage par l’administration coloniale. Maître Henri Battu, avocat français du Barreau du Cameroun, trouvera la mort dans cet accident. Début mai : publication de la « Lettre Commune des Vicaires apostoliques (français) du Cameroun à leurs fidèles » (contre l’UPC). 22 avril : publication de la « Proclamation Commune pour la fin du régime de tutelle » publication de « Religion ou Colonialisme », la réponse de l’UPC aux évêques français. 10 mai : par mesure de sécurité, Um Nyobe se réfugie en lieu sûr dans son village à Boum Nyébél, sur décision du Bureau du Comité Directeur. Installation à boum Eog Makon chez Njock Um Jean, trésorier du comité central de Boum Nyébél. 12 mai : Njôck Yôyôm Sadrack président du comité central de Boum Nyébél part pour Douala pour des raisons de santé. 15 mai : cure de hernie de Njôck Yôyôm par le docteur Moumié à l’hôpital Laquintinie. Inauguration du pont sur le Wouri par le ministre des colonies Pierre-Henri Teitgen. Sarah Ngo Yock est écrasée à New-Bell par un véhicule du cortège ministériel. 22 mai : Meeting à Akwa du président FR Moumié où il annonce l’entrée au maquis de Um Nyobe. 25 mai : déclenchement des massacres par l’administration française à Douala, Yaoundé, dans le Mungo, en Sanaga Maritime (Ekite, Môm Dibang, Pouma, Song Mbengue), etc...faisant des milliers de morts jetés dans des dizaines de charniers. A Douala, embusqués derrière les fenêtres de la cathédrale, les prêtres blancs ouvrent le feu sur la foule des noirs. 26 mai : incendie du siège national de l’UPC à New-Bell sur ordre de l’Administration coloniale 27 mai : incendie de la maison familiale de Um Nyobe à Boumnyébél par l’administrateur colonial Pinelli, chef de subdivision à Eséka, contraignant le Secrétaire Général de l’UPC à se réfugier dans la forêt. 28 mai : transfert de Um Nyobe à Nsimekéllé à la garde du Comité de base de cette localité. Création d’une permanence sous maquis au Comité Central de Boum Nyébél. 29 mai : début de la préparation de la réception de la Mission de Visite de l’ ONU au Cameroun. 06 juin : audience du procès en diffamation intenté par le Secrétaire général de l’UPC contre le nommé W. de Gillis, administrateur des colonies. Um Nyobe est représenté et défendu par maître Marie-Louise Jacquinot, avocat du Secours Populaire Français. 20 juin : comme prévu et annoncé à l’avance, Um Nyobe est condamné par le tribunal colonial à la peine de 06 mois de prison ferme assortie d’une amende de 50.000 francs; un mandat d’arrêt est immédiatement délivré contre lui. 13 juillet : arrêté d’interdiction de l’UPC, de l’UDEFEC et de la JDC. 1ier septembre : départ de Nsimekéllé et installation à Limaï ; début de la construction du Grand Maquis. 13 septembre : Um Nyobe gagne le Grand Maquis à Limaï. 05 novembre : Pierre Yém Mback intègre le maquis, venant d’Ebolowa à pieds, d’où le surnom « makô makô ». Organisation et structuration du Secrétariat Administratif / Bureau des Liaisons (SA / BL) 24 décembre : inauguration officielle des nouveaux locaux du Grand Maquis. Yém Mback est nommé chef du SA / BL. 1956, 11 janvier : Yémbél Nyébél quitte le Grand Maquis à Limaï pour une mission à Yaoundé. 15 janvier : Yémbél est arrêté et sera détenu 06 mois à Eséka. 18 janvier : par précaution, Um Nyobe quitte le Grand Maquis et se réfugie à Ngo Ngwas chez Sék Mbôô pendant deux jours. 20 janvier : Um Nyobe revient au Grand Maquis, après réception d’une correspondance rassurante de Yémbél Nyébél.. 09 juin : programme minimum Juin : souffrant d’une hernie inguino-scrotale droite, il entreprend de se rendre à Kumba pour se faire opérer par son camarade le Dr Félix Roland Moumié. Récupéré à Boumnyébél dans une voiture conduite par Kit Guillaume, il est escorté par Ngwé Banjit dans une autre voiture conduite par Maître René Colombe. Ce voyage sera malheureusement interrompu à Douala, au domicile de son camarade et ami Anatole Kameni. Peu après, la hernie s’étant étranglée, il est conduit en urgence par Tchoumba Ngouankeu Isaac dont la voiture le récupère sur le bord de la route, et opéré nuitamment, à la lumière d’une lampe portée par Ngwé Banjit, à Yaoundé au domicile de Boutche Mathieu, par le Dr Tagny Mathieu, président de la section de l’UPC du Nyong et Sanaga qui est obligé de procéder à la résection de 15 cm d’intestin. 13 juillet : libération de Yémbél Nyébél et son retour au Grand Maquis. 12 août : manifeste du BCD qui donne naissance au Courant d’Union Nationale. 03-04 et 05 octobre : congrès du Courant d’Union Nationale à Dibombari ; il décide l’abstention aux élections. 28 et 29 novembre : nouveau « congrès » du Courant d’Union Nationale se réunit à Ebolowa. Une partie seulement des membres sont invités. Il change sa décision et annonce sa participation aux élections. 30 novembre au 02 décembre : session élargie du Comité Directeur à Kumba ; adoption du programme en six points et décision d’abstention aux élections organisées en vertu de la loi-cadre Defferre. 12 décembre : rencontre nationale de Makaï. En application du point 4 du programme de Kumba, création du Comité National d’Organisation (CNO). 18 décembre : boycott actif de la loi-cadre Defferre en Sanaga Maritime. 23 décembre : élection dans le reste du pays en vertu de la loi-cadre Defferre. 1957, le 30 juin : le Grand Maquis déménage de Limaï pour Mamélél à Libél li Ngoï. Le Secrétariat Administratif/Bureau de Liaisons déménage pour Mode. 10 juillet : Mayi Ma Matip Théodore est admis au Grand Maquis sur décision personnelle de Um Nyobe, contre l’avis unanime des membres du secrétariat administratif. 20 septembre : sur dénonciation, l’ancien Secrétariat administratif / Bureau des liaisons de Limaï est découvert et détruit par l’armée française. Le village de Limaï est incendié ; tous les élevages sont abattus et toute la population est déportée. 1ier octobre : rencontre à Njock Nkong, sous maquis, entre le Secrétaire Général de l’UPC et l’évêque Thomas Mongo, émissaire du Haut- Commissaire de la République Française. Thomas Mongo rend public sur la place du marché de Bôtmakak, cette rencontre et en divulgue et le nom des organisateurs, et le détail des préparatifs, et le lieu, et la date et l’heure précises, et le contenu. 03 novembre : dispersion du maquis de Esther Ngo Manguelle et Jean Mbamba. 09 novembre : discours à Boumnyébél de André Marie Mbida, premier Ministre. 23 novembre : découverte et destruction des installations du SA/BL et destruction d’un important stock de documents et de matériels. 25 novembre : regroupement au Grand Maquis de Mamélél des membres du SA/BL, à l’exception de Lissok Samuel, Mandeng ma Nop et Boum Samuel Le Bref. 27 novembre : naissance du fils du Secrétaire Général, Ruben Daniel Um Nyobe. 27 décembre : massacre par l’armée française de la quasi totalité des participants à un meeting public de l’UPC à Môm Dibang. 1958, le 04 janvier : en route pour une réunion de section, des délégués tombent dans une embuscade ; Ngo Manguelle Esther est blessée ; elle est transportée et soignée par Lissok Samuel et Yémbél Nyébél entre autres. 10 janvier : sortie de routine pour Yémbél et Basogog, les deux agents de liaison du Grand maquis, en vue de renseignements et d’approvisionnement. Ils ne reviendront que trois mois plus tard, après un séjour clandestin dans l’Etat Major du CNO où ils rencontrent Lissok Samuel. 20 février : chute du gouvernement Mbida. 13 mars : retour au Grand Maquis de Basogog et Yémbél Nyébél. Révélation d’une tentative de sédition ourdie au sein de l’Etat Major du CNO. Début avril : Samuel Lissok et Esther Ngo Manguelle ouvrent un nouveau maquis. 08 avril : arrestation de Samuel Lissok et ralliement de ce dernier à l’ennemi. 16 avril : le nouveau premier ministre Ahidjo se rend à Makaï ; l’état d’urgence est décrété. 26 au 30 avril : séminaire d’éducation politique réunissant plusieurs comités centraux à Si-Manyaï. 29 avril : assassinat de Basogog Josué, en cours de mission. 10 mai : assassinat de Njôck Yôyôm, président du comité central de Boum Nyébél et ancien gardien du Grand Maquis. 07 juin : assassinat de Nyobe Panjock Isaac, chef d’Etat-major adjoint du CNO. 26 juillet : ralliement à l’ennemi de Boum Samuel Le Bref, membre du SA/BL. 18 août : le Haut-Commissaire Ramadier à Boum Nyébél en compagnie de Lissôk Samuel et Boum Samuel Le Bref, déclare que ses services ont désormais localisé l’emplacement de tous les maquis des dirigeants. 08 ou 09 septembre : le maquis de bas Ong est attaqué et détruit par l’ennemi ; Ngo Manguelle Esther est arrêtée et gardée quatre jours dans un PC secret de l’armée coloniale dans la forêt. 09 septembre : dactylographie et signature de la Recommandation n°4. Décision de suspendre les activités du Grand Maquis, mettre certains effets en lieu sûr et déménager pour se réfugier au maquis de Hop Béa. Départ du Grand Maquis à Mamélél en vue de faire étape au maquis de Mbénd Libot. 9 au 10 septembre : Encerclement par l’ennemi qui exécute sur place Yém Mback Pierre, Ngo, Kam Ruth, Poha Jean- Marc; Um Ngos est blessé à la cuisse; Marie Ngo Njock est saine et sauve avec son bébé qui est touché aux jambes, heureusement sans gravité ; Yémbél Nyébél s’en tire miraculeusement sans une égratignure; Mayi ma Matip s’est éclipsé avant et a disparu dans la nature. Um Nyobe est fait prisonnier, gardé au secret pendant deux jours. 11 septembre : Um Nyobe est exécuté sommairement par l’armée française. 13 septembre : Annonce officielle de la mort de Um Nyobe par l’armée française. Les dépouilles de Ruben Um Nyobe, encore fraîche, et de Yém Mback, en décomposition avancée, sont transférées et exposées à Eséka, avant d’être inhumées dans un bloc de béton pour Mpôdôl Um Nyobe au cimetière de la Mission Protestante, et au cimetière de la Mission Catholique pour Makô Makô Pierre Yém Mback. Ruben Um Nyobe a été réhabilité et proclamé Héros National par l’Assemblée Nationale du Kamerun le 27 juin 1991. |