| Qui était Félix Moumié |
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Qui était Félix Roland MOUMIE ? Naissance: 1er novembre 1925 : naissance de Félix Moumié à l'hôpital de Njissé (Foumban). Il est le deuxième enfant de Samuel Mekou Moumié du clan des Nji Méffiré et de Suzanne Mvuh. L’aînée, Peta, est décédée en bas âge et la troisième, Elisabeth Nkuen, est muette. Ses parents divorceront par la suite. Samuel Mekou Moumié se mariera en secondes noces avec Marie Dûke dont il aura quatre garçons et deux filles. Etudes et Formation professionnelle: Envoyé chez Esaïe Mumbain, un ami de son père à Bandjo près de Bafoussam 1933 à 1935: école primaire de Bandjo 1935-1938 : Moumié fréquente l'école protestante de Njissé. 1939 : CM I à l'Ecole publique de Bafoussam. 1940 : CM II à l'école régionale de Dschang, où il obtient le certificat d'Etudes 1941 : Moumié admis au concours d'entrée à l'Ecole Supérieure Edouard Renard de Brazzaville (spécialité Médecine 1941-1943). 1943 : Ecole professionnelle William Ponty à Dakar. Fréquente les cercles anti colonialistes de Dakar où il se fait remarquer par Gabriel d’Arbousier, Secrétaire Général du RDA qui le recommande à Um Nyobe Vie professionnelle, familiale et militante au Cameroun1947 : Retour au Cameroun, début de sa carrière professionnelle de “Médecin Africain”. 1947 – 1948: affectation à Kribi; Um Nyobe (conduit par Bikoy Eugène futur membre du Comité Directeur), et Félix Roland Moumié se rencontrent pour la première fois longuement à Kribi et se mettent d’accord. 1948 –1950: affectation à Lolodorf où il rencontre Um Nyobe pour la deuxième fois Avril 1950: est élu Vice-président de l’UPC au premier congrès à Dschang 22 juillet 1950, épouse Marthe Ekemeyong; de cette union naîtront deux filles: Annie Jecky Berthe Moumié dite Nyangon née à Bibia (Lolodorf) le 26 mai 1949 (avant le mariage de ses parents) et Hélène Jeanne Moumié dite Mekoué début janvier 1951 à Enongal, devenue épouse Jésus Garcia. Annie Jecky Berthe est décédée le 28 janvier 1951 à l’âge de 20 mois à l’hôpital de Enongal. Elle est inhumée à Akak-Essatolo près de Ebolowa. Juillet – décembre 1950: affectation à Bétaré-Oya Décembre 1950 à novembre 1951, affectation à Mora 1950 : Moumié élu Vice-président de la conférence des partisans pour la paix. 1951 : participe au Festival de la Jeunesse de Berlin. Novembre 1951 à octobre 1954: affectation à Maroua où, avec le concours notamment de Jean-Paul Sende, Toubé Ekwalla, Singap Martin, Tchoumba Ngouankeu Isaac, Mohamadou Fokou, Mohamadou Issa, Hadji Mal Bakary, Abdoul Baghi, Bello Bourdanné et Issa Mamoudou, il introduit l’UPC, le syndicalisme et le foot-ball 1952 : Participe à la Conférence Internationale pour la défense de l'Enfant de Vienne. Septembre 1952 : Moumié élu Président de l'UPC, en son absence pour des raisons professionnelles, au deuxième congrès à Eséka. 1952 : Moumié est déclaré battu aux élections à l'Atcam. Septembre 1952 : Moumié participe au congrès de l'Union Internationale des Etudiants de Bucarest. 23 janvier 1955: affectation à l’hôpital Laquintinie de Douala 1955 : Le 22 avril, le Président Moumié au nom de l’UPC et les dirigeants de la JDC, de l’UDEFEC et de la CGKT publient " la Proclamation Commune pour la fin de la Tutelle" . Refuge au Cameroun sous administration britannique 1955 : Médecin très apprécié, Moumié opère encore ses malades le 25 mai à l’hôpital Laquintinie, puis anime un meeting à la Salle des fêtes d’Akwa avant de se réfugier au Cameroun britannique où en deux ans il déploie avec ses collègues, une immense activité tant dans l’action politique qu’au niveau du travail d’organisation; l’UPC ne compte pas moins de 21 comités Centraux en 1957 au Cameroun sous administration britannique. Le 13 juillet 1955, interdiction de l'U.P.C au Cameroun par un décret du gouvernement français. 14 août 1956, à Bamenda, échappe par miracle à une tentative d’assassinat par un commando français parti de la base militaire de Koutaba et commandé par le colonel Delaunay. Le bureau de l’UPC à Bamenda est incendié dans la nuit et la résidence des dirigeants est mitraillée; on dénombre plusieurs morts dont une femme enceinte. Fonde le One Kamerun et en confie la Direction à Ndeh Ntumazah. 1957 : Le 30 mai, interdiction de l'UPC au Cameroun Britannique. Exil Le 7 juillet 1957, déportation au Soudan via Lagos où il est détenu pendant 10 jours avec les dirigeants et cadres suivants: Ernest Ouandié (vice-président de l’UPC), Abel Kingué (vice-président de l’UPC), François Fosso (secrétaire général de la JDC), Jean-Paul Sende (secrétaire particulier du président de l’UPC), Elie Lavater Ngué (militant de l’UPC), Victor Ngantia (militant de l’UPC), Marthe Ouandié (secrétaire générale adjointe de l’UDEFEC) Gertrude Omog (militante de l’UPC), Marguerite Ngoyi (membre de l’UPC), Aloys Ndjock (chargé de la propagande à la JDC), Marthe Moumié (rédactrice en chef du journal “Femme Camerounaise”), Sakéo Kamen (membre du Comité Directeur). 1957 : Du 15 au 23 avril, Moumié assure le secrétariat de la conférence des [huit] Etats indépendants d'Afrique. 1958 : Asile au Caire sur invitation de Abd El Gamal Nasser. Fonde au Caire avec Milton Obote, le Bureau Kamerun-Uganda 1958 : Moumié assiste aux rencontres Afro-asiatiques; apporte une contribution importante au Mouvement de Solidarité des peuples afro-asiatiques; à la Conférence des peuples Africains; au regroupement des forces progressistes africaines au sein de la Conférence de Casablanca; à la consolidation de l’indépendance du Ghana et surtout de la Guinée où il est à la fois conseiller de Sekou Touré, médecin, enseignant et principal dirigeant de l’UPC; à l’indépendance du Congo Léopoldville, conseille et aide Agostino Neto dans la création et la primo organisation du MPLA, conseille et aide Robert Mugabe et Amilcar Cabral dans leur lutte pour la libération nationale. 1958 : présent à la Conférence des Juristes Afro-asiatiques de Damas en Syrie 1958 : février, Moumié conduit la délégation de l'UPC à la 11ème session du Conseil de Tutelle. Mars 1959 : Moumié conduit la délégation de l'UPC à l'ONU pour exiger des élections avant la proclamation de l'indépendance. 1959 : Après la session de l’ONU qui ouvre la voie à l’installation de la dictature néocoloniale au Cameroun, prend la décision de continuer la lutte jusqu’à la libération du Cameroun. Juin 1959: Création de l'Armée de Libération Nationale Kamerunaise (ALNK). Juillet à septembre 1960, séjourne au Congo comme Commissaire Politique des contingents Ghanéens et Guinéens des Casques Bleus de l’ONU, avec le grade de Général d’Armée; en réalité, sa mission est d’apporter le soutien nécessaire au Premier Ministre Patrice Lumumba, en butte aux menées subversives des puissances occidentales contre son gouvernement; doit en partir clandestinement après l’arrestation de Lumumba, sous la menace d’être livré par Mobutu à son ami Ahidjo. Pendant ce temps, à Accra, un certain William Bechtel se présentant comme un journaliste français, cherchait à le voir. Il avait certes été reçu par les deux vice-présidents Abel Kingué et Ernest Ouandié; mais son insistance à vouloir à tout prix rencontrer le président de l’UPC avait paru suspecte, et les vice-présidents y avaient opposé une fin de non recevoir. Décès 15 octobre 1960: en tournée en Europe avant son retour au Cameroun pour prendre la tête de la lutte et proclamer un gouvernement révolutionnaire en exil, Moumié est empoisonné au thalium sur instruction de Michel Debré chef du gouvernement français, par l’agent William Bechtel, le faux journaliste français qu’il avait finalement accepté de rencontrer dans un restaurant de la vieille ville à Genève, “Le Plat d’Argent”, en présence de Jean Martin Tchaptchet Njinga, président de la section de France de l’UPC. 1960 : Le 3 novembre, décès de Félix Moumié à l’hôpital Cantonal de Genêve. Sa dépouille sera conservée dans un mausolée à Conakry, en attendant sa restitution au Cameroun disparaîtra sans trace. La complicité du gouvernement helvétique dans cet assassinat est avérée et, plus de trente ans après, devant les tribunaux de Genêve, l’affaire s’est terminée par un non lieu scandaleux. Réhabilitation et proclamation comme Héros National Le 16 janvier 1991, la loi n° 91/022 réhabilite Félix Roland Moumié et le proclame héros National par l’Assemblée Nationale du Cameroun le 27 juin 1991. En 2005, Marthe Ekemeyong, veuve Moumié, constate et dénonce la disparition de la dépouille de son défunt mari de son mausolée au cimetière de Conakry, enlevée par des inconnus probablement désireux d’effacer toute preuve matérielle de leur forfait. |