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Qui était Ernest OUANDIE ?                      
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1924 – 15 janvier 1971
Naissance :

1924 à Ndumla, arrondissement de Bana dans le Haut-Nkam; mais il serait originaire de Bangou dans les  Hauts-Plateaux. Son père Djemo et sa mère Kapsu se seraient mariés en 1905. Djemo a trois épouses.
Ouandié qui signifie « qui est dans la maison ? Ou qui est en sécurité ?» est le 5 ième de 7 enfants issus de la même mère: Ngako, Yemdo, Mboutchak, Djieumo, Ouandié, Djoma et Kamdem.

En 1927, à l’âge se 3 ans, son père est déporté aux travaux forcés à Djimbong (Haut- Nkam) dans les plantations de café des colons français; il n’en reviendra qu’en 1929, renvoyé car très malade pour s’installer à Bangou avec sa famille.

Etudes (1933 – 1943) :

En 1933, son oncle Kamdeu Sango l’inscrit à l’école publique de Bafoussam, quartier Famla,  où le futur docteur Tagny Mathieu, président de la section du Nyong et Sanaga   de l’UPC, Feyou de Happy, futur collaborateur de Kodock, le redoutable Kame Samuel, futur proche collaborateur de Ahidjo pour les affaires politiques et de sécurité, sont ses camarades d’école; il y reste 3 ans.

En 1937, il s’inscrit au cours moyen 1 à l’Ecole Régionale de Dschang

En janvier 1940, il est reçu au CEPE et à l’examen d’entrée à l’Ecole Primaire Supérieure de Yaoundé, section enseignement où il étudie grâce à une bourse jusqu’à l’obtention du Diplôme des Moniteurs Indigènes (DMI) en novembre 1943

Mariage et enfants

Il se mariera 2 fois ; d’abord avec Njila, présentée par son oncle Kamdeu Sango ; un enfant décédé en bas âge ; s’en suit le divorce. Ensuite avec Marthe Eding dont il aura 5 enfants : Philippe Ouandié, Mireille, Irène, Monique, Ruben Um Ouandié. Hors mariage, il aura au moins 3 autres enfants dont Ernestine…

Activité professionnelle, syndicale et politique dans la légalité (1944 – 1955) :

Il est enseignant dans le secteur publique; sa carrière est marquée par d’innombrables affectations dites disciplinaires, en réalité à caractère politique

1944-1948, il enseigne à Edéa et milite dans l’Union des Syndicats Confédérés du Cameroun ( USCC).

1948  au 15 janvier 1971, militant, puis dirigeant de l’Union des Populations du Cameroun (UPC)

07 octobre 1948, il est affecté à Dschang

06 novembre 1948, un mois après, il est affecté à Douala comme Directeur de l’école publique du quartier New-bell Bamiléké

Septembre 1952, élu vice-président de l’UPC chargé de l’organisation et Directeur de la Voix du Cameroun au 2ième congrès à Eséka

Septembres 1953, affectation à Doumé, puis à Yoko ; il implante l’UPC dans le Mbam.
29 juillet au 12 septembre 1954, effectue un voyage en Chine où il assiste du 9 au 15 août 1954, au Congrès Mondial de la Jeunesse Démocratique, puis à Paris et  à Moscou

Décembre 1954 : affectation à Batouri, puis à Bertoua

29 janvier 1955, à nouveau affectation à Douala où le Haut Commissaire Roland Pré entreprend de rassembler tous les dirigeants de l’UPC pour les tenir en permanence à sa portée.
Force l’admiration du public en portant publiquement la contradiction et en acculant littéralement Léopold Sedar Senghor qui tentait, à l’instigation de l’administration coloniale et du haut de son agrégation en grammaire,  de convaincre les camerounais d’abandonner la revendication de l’indépendance nationale, à la Salle des Fêtes d’Akwa.

Refuge au Cameroun sous administration britannique

mai 1955, après la mise hors la loi par l’autorité coloniale de l’UPC et les massacres perpétrés par l’administration coloniale contre les militants, les cadres et les dirigeants de l’UPC, de la JDC, de l’UDEFEC et de la CGKT, avec Félix Roland Moumié, Abel Kingué et les cadres qui ont pu échapper aux arrestations, Ernest Ouandié se réfugie au Cameroun sous administration britannique à Kumba
1956, préside la session élargie du Comité Directeur à Kumba
1957 : naissance du One Kamerun, confié à Ntumazah
3 juin 1957, interdiction de l’UPC au Cameroun britannique, à la demande des autorités françaises.

Exil

07 juillet 1957 : déporté par l’administration britannique à Khartoum avec une douzaine d’autres dirigeants et cadres de l’UPC, puis au Caire, à Conakry et à Accra, il  travaille à populariser la lutte de l’UPC et susciter des soutiens, trouver des moyens matériels et financiers pour poursuivre la lutte, renforcer l’organisation, la formation des cadres etc.
03 novembre 1960, au décès de Félix Roland Moumié, avec l’accord de Abel Kingué malade, prend effectivement la direction de l’UPC et prête le serment de continuer la lutte jusqu’à l’atteinte des objectifs nationaux et populaires d l’UPC.

Retour au Cameroun dans la clandestinité pour diriger la lutte sur le terrain

21 juillet 1961, sous la conduite du Commandant Etienne Mobil, revient clandestinement au Cameroun, dans le maquis du Moungo, au Mont Koupé, campement Kribi, sous le nom de « camarade Emile ». il prend effectivement le commandement de l’ALNK et remet de l’ordre dans les rangs de cette dernière; il rencontre W.Ndeh Ntumazah, président du One kamerun Party qui s’enfuit à l’étranger quelque temps après, et se rend dans le Nyong et kéllé pour rencontrer les dirigeants et cadres encore fidèles de l’UPC dans la région.Il doit se retirer de toute urgence, Mayi ma Matip, deuxième Vice-président de l’Assemblée Nationale sous Ahidjo, ayant été naïvement informé de la présence d’un haut dirigeant de l’UPC dans la région.
Le 13 septembre 1962 et le 25 avril 1963, il préside deux Assemblées Populaires sous maquis qui décident de la création d’un Comité Révolutionnaire et d’un état-major de l’ALNK ; il enseigne l’art de la guerre, ouvre une école des cadres politiques et construit des centres de soins.
Sous les coups de boutoir de l’ennemi, il doit se replier progressivement à Melong (fin 1962), puis du côté de Dschang, de Bafang, la région de Moya dans le Ndé, puis Batcha dans le Haut - Nkam.

Reddition après 9 ans de résistance

Il résiste pratiquement seul, complètement coupé de ses bases arrières et sans ravitaillement en armes, munitions, vêtements, chaussures, médicaments, nourriture, pendant 9 ans contre des forces militaires infiniment plus grandes et très largement approvisionnées, dans un espace à peine plus grand qu’un mouchoir de poche, lorsque, lâché par les uns et trahi par les autres, et, sous prétexte de tentative d’exfiltration, il est finalement attiré dans un traquenard et abandonné dans les champs par son trésorier, en même temps agent de Ahidjo, l’évêque Albert Ndogmo. Il se rend lui-même à la gendarmerie de Mbanga le 19 août 1970. « je suis Ernest Ouandié » se présente-t-il au gendarme de garde. Il se laisse passer les menottes sans opposer de résistance.

Transféré à la Brigade Mixte Mobile (BMM) de Yaoundé ; il est torturé et gardé au secret pendant six mois sans pouvoir rencontrer une seule fois un seul de ses avocats. Ses deux avocats français constitués par les upécistes, Maître Jean-Jacques de Félice et Maître Jacques Vergès, sont empêchés de se rendre au Cameroun malgré une convention franco-camerounaise qui prévoit expressément la possibilité pour un avocat français d’exercer au Cameroun, pour peu qu’il soit domicilié au cabinet d’un avocat inscrit au barreau camerounais.

Procès et Exécution publique

Jugé par le tribunal militaire de Yaoundé à partir du 21 décembre 1970 dans le procès de pure forme dit « le procès de la rébellion », il sera  condamné à mort.
En effet, le 5 janvier 1971, muré dans un silence presque hautain, fidèle à son image de militant ferme et courageux, il écoute, impassible, le verdict de condamnation à la peine capitale,  avec Mathieu Njassep (alias Ben Bella) son fidèle secrétaire, et Raphaël Fotsing.
Un second procès pour donner le change, dit « le procès du complot » s’ouvrira le 26 décembre 1970 devant le même tribunal militaire. Des peines de mort seront aussi prononcées contre Monseigneur Albert Ndogmo et Gabriel Tabeu, dit Wambo le Courant.
Le prince de l’Eglise et le jeune Njassep sont graciés, le premier, comme prévu  sur intervention de la haute hiérarchie du Vatican, et l’autre, sans qu’il en ait fait la demande, simplement pour tromper l’opinion publique.
Malgré un mouvement de protestation contre les conditions inéquitables de son jugement mené notamment par un Comité International dirigé par le Professeur Jacques Monod, le 15 janvier 1971, il est extrait tôt de la cellule où il est resté enchaîné pendant six mois à la BMM de Yaoundé, transporté par avion militaire jusqu’à Bafoussam, au quartier Famla, et exécuté publiquement, sur la place qui deviendra la place des Martyrs, en compagnie de Gabriel Tabeu (Wambo Le Courant) et de Raphaël Fotsing.
Au moment du supplice, il refuse de se faire bander les yeux. Avant d’être criblé de balles, il proclame simplement la certitude qu’après lui, d’autres continueront le même combat jusqu’à la victoire. Ernest Ouandié est inhumé au cimetière de l’église protestante de Bafoussam.

Réhabilitation et Proclamation comme Héros National

21 ans plus tard, Ernest Ouandié est réhabilité par la loi n° 91/022 du 16 décembre 1991 et proclamé Héros National par l’Assemblée Nationale du Cameroun le 27 juin 1991.
 

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