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LES  PROPOSITIONS  DE  L’UPC :

Réponses de l’UPC aux 13 défis majeurs


Dans les lignes qui vont suivre, l’UPC avance ses propositions à toutes les Kamerunaises et à tous les Kamerunais, pour qu’ensemble nous puissions relever les 13 défis que les gouvernements successifs ont créés dans le pays depuis 1960.

Mais le bilan que le Peuple Kamerunais fera au lendemain du départ inévitable du RDPC, ses chefs et complices, ses griots et flatteurs, sera très lourd. Car le pays est détruit, il est par terre. Cela, tous les kamerunais sérieux et patriotes le savent.

Pour commencer à le relever afin de s’engager dans la reconstruction, une période transitoire sera absolument nécessaire, inévitable.

Pendant cette courte période, il faudra surtout balayer toute la boue que le RDPC, à la suite de l’UNC, a collée sur le Kamerun et sur les Kamerunais. Ensuite, il faudra créer un cadre juridique et politique permettant aux forces patriotiques et démocratiques désormais au pouvoir, d'appliquer leurs propositions que le Peuple Kamerunais aura acceptées. Mais quelques premières décisions économiques et sociales devront être prises, pour montrer au Peuple et surtout à la jeunesse que le changement a démarré, « le train du changement est désormais sur les rails et a quitté la gare de départ ».

Ce sont ces propositions à court terme qui constituent le Programme Minimum de Transition que l’UPC donne à la fin de ce document.

REPONSES  DE  L’UPC AUX  13  DEFIS  MAJEURS

2.1. Sur le Problème National : l’indépendance, la réunification, l’unité nationale, le tribalisme

Pour une véritable Communauté des Nations et des Pays, l’UPC et les patriotes kamerunais militent pour une interdépendance des Peuples du monde entier, des nations et des états. Mais cela n’a de sens que si chaque peuple, pays, état et nation y trouve son compte et peut y sauvegarder ses intérêts. C’est pourquoi

2.1.1. L’UPC au pouvoir, seule ou en alliance, luttera pour que tout accord avec un pays (ou groupe de pays) étranger qui ne rapporte rien de bon au Kamerun, soit remis en cause, par voie de négociations dans toute la mesure du possible.

2.1.2. Par la suite, tout nouvel accord de coopération important, devra, avant sa signature par le Kamerun, être expliqué au peuple et faire l’objet d’un débat public. Au cours d’un tel débat, la liberté sera donnée à ceux qui l’approuvent comme à ceux qui s’y opposent, de défendre leur point de vue devant tout le pays.

2.1.3. L’UPC indique au Peuple Kamerunais et insistera pour que, conformément aux Programmes scolaires et aux avis des historiens kamerunais, la véritable histoire du pays et de la lutte pour l’indépendance et la réunification ainsi que les combats pour la démocratisation, soit enseignée à la jeunesse et apprise par celle-ci. Il n’y aura plus d’histoire officielle racontant que ceux qui ont dit « Non  à l’indépendance » sont ceux qui ont apporté l’indépendance au pays. Les historiens kamerunais connaissent bien l’histoire du Kamerun : ils l’enseigneront librement, dans le cadre du libre débat national où tout Kamerunais, historien professionnel ou non, sera libre et aura le droit de donner son avis.

2.1.4. Ceux qui ont apporté une grande contribution à la lutte pour l’indépendance et la réunification seront honorés au plus niveau par la Patrie reconnaissante. Les autres contributeurs morts pour et dans cette lutte seront proclamés Martyrs de la Grande Cause Patriotique et Nationale. Les Anciens Combattants encore vivants toucheront une pension à ce titre. Car il faut réconcilier le Kamerun avec son histoire.

2.1.5. Les Héros et Martyrs seront honorés, notamment aux grandes occasions, lors de rassemblements de jeunes dans tout le pays, à travers des monuments, en donnant leurs noms à des rues, des établissements scolaires et universitaires, des bibliothèques, des stades et gymnases, des ponts et autres œuvres d’art. De la sorte, la jeunesse kamerunaise posera des questions pour comprendre, et les adultes expliqueront.

2.1.6. Les veuves ou veufs des Héros ou Héroïnes et Martyrs toucheront une pension conformément aux moyens du pays. Les enfants mineurs des Héros et Martyrs seront placés sous la tutelle de la Nation pour leurs études et leur apprentissage éventuels.

2.1.7. Le problème de la réunification du Kamerun fera l’objet d’un débat national public, afin de voir ce qu’il y a lieu de faire aujourd’hui pour répondre aux demandes de certains de nos compatriotes, sans chantage ni menace de part et d’autre.Car ce qu'on appelle généralement la question anglophone/francophone existe aujourd'hui parce que le régime néo-colonial (UNC-RDPC), depuis Ahidjo et avec la complicité de quelques amis à lui de la partie dite « anglophone » du pays, se soumet aux intérêts étrangers notamment français. C'est donc une question qui a été créée par les mauvais dirigeants depuis 1960, et ces dirigeants sont ceux qui bénéficient des divisions créées par ce problème. Car les paysans, les ouvriers et tous les gens du peuple (notamment les jeunes) de la partie dite francophone du pays, n'ont pas une situation meilleure que leurs compatriotes de même catégorie de la partie dite anglophone. La solution à cette question doit donc être recherchée et trouvée par les patriotes et démocrates des deux parties du pays, anglophone comme francophone.

2.1.8. L’unité réelle du pays, et notamment sur le plan humain, nécessite une lutte farouche contre tous les facteurs de division sans exception. En particulier contre le chauvinisme ethnique ou tribalisme. Cette lutte sera menée à la fois au plan des discours et de l’éducation politique des populations, et aussi à travers des mesures objectives et concrètes facilitant l’intégration, particulièrement des jeunes de tout le pays : mesures au plan économique, culturel, éducationnel. 

2.2. Sur la gouvernance, la démocratie, la corruption

La gouvernance est à la fois affaire de lois et de textes, et affaire de culture profonde et donc d’éducation du peuple. C’est pourquoi l’UPC considère qu’il faudra adopter les mesures suivantes pour que notre pays progresse enfin vraiment vers une société démocratique :

2.2.1. Education permanente du peuple, par des moyens variés, pour une culture du respect de tout être humain quel qu’il soit, pauvre ou riche, avec ou sans une parcelle de pouvoir ; une culture de respect et d’observation stricte des règles adoptées ensemble dans toute communauté humaine, pour le refus de la loi du plus fort propre aux sociétés des animaux sauvages; donc le refus de la loi de la jungle.

2.2.2. Education permanente du peuple, dans le sens du refus de subir sans broncher, refus de l’abus de pouvoir, refus de l’arbitraire, refus du fatalisme. Tout citoyen a évidemment des devoirs dans la société, mais il a aussi des droits. Et les droits et les devoirs doivent toujours aller ensemble. Les droits des gens ne sont pas des faveurs que ceux qui détiennent le pouvoir donnent aux citoyens : ce sont des droits inhérents à leur nature même d’êtres humains en société. Et les devoirs des gens ne sont pas des faveurs qu’ils font aux autres dans la société : ce sont des devoirs liés à leur vie en société avec les autres êtres humains.

2.2.3. L’UPC au pouvoir s’engage d’avance à développer le droit des citoyens à traîner en justice l’Etat et tout agent de l’Etat, coupables d’abus de pouvoir, d’arbitraire, de violation des droits des gens.

2.2.4. L’UPC s’engage sans détour à assurer réellement l’indépendance des pouvoirs législatifs et judiciaires, par rapport au pouvoir exécutif.

2.2.5. La liberté d’association et d’organisation, y compris pour les partis politiques, ne dépendra plus du bon vouloir du gouvernement et d’une autorisation de celui-ci. Il suffira que le gouvernement soit informé. En particulier, les libertés syndicales seront scrupuleusement respectées, telles qu’elles sont reconnues par les Conventions Internationales et l’OIT (Organisation Internationale du Travail), sans aucune tracasserie supplémentaire contre les dirigeants syndicaux.

2.2.6. Un vrai Comité National des Libertés sera créé. Il devra publier un Rapport Annuel sur l’état réel des libertés au Kamerun. Et ce rapport devra être accessible à tout citoyen à travers un prix bas, bénéficiant de financements du gouvernement. En particulier, la torture et les autres mauvais traitements dans les commissariats de police et les prisons seront strictement et concrètement interdits ; et les fonctionnaires reconnus coupables de tels actes seront sévèrement punis et le peuple devra être largement informé de ces mesures.

2.2.7. Pour instaurer un véritable Etat de droit au Kamerun et pas seulement avec la bouche, l’UPC considère qu’il faudra :

2.2.7.1. Faire adopter une Constitution démocratique dans laquelle, en particulier, le pouvoir exécutif ne sera plus réduit au seul Président de la République ; mais où la responsabilité du gouvernement en tant que corps et la conduite de la politique du pays devront être plus clairement affirmées, ce qui copnduit à la nécessité d’un véritable Conseil des Ministres.

2.2.7.2. Faire adopter une Constitution vraiment démocratique, qui laisse le Parlement plus maître de son ordre du jour.

2.    Organiser les élections sous la houlette d’un organisme impartial (appelé CENI ou autrement) indépendant du gouvernement (même d’un gouvernement entièrement ou partiellement upéciste), avec les conditions suivantes : (1°) droit de vote et majorité civile à 18 ans ; (2°) liberté pour tout citoyen de se porter candidat à toute élection sans être obligé d’être présenté par un parti ou une organisation ou association quelconque ; (3°) droit de vote et vote effectif des kamerunais vivant à l’étranger ; (4°) délivrance des cartes d’électeurs dès l’enregistrement sur les listes électorales, sans aucun délai supplémentaire ; (5°) toutes les élections seront au suffrage universel direct, à deux tours sauf aux municipales où elles seront à un tour et à la proportionnelle pour toutes les listes ayant eu à partir de 5% des voix.

2.2.7.4. Supprimer le Sénat. Car les moyens du pays sont certes importants ; mais les priorités sont multiples. Dans ces conditions, l’UPC considère qu’il n’est pas utile d’avoir un Parlement à deux chambres. Par contre, le nombre de députés à l’Assemblée Nationale pourra être augmenté, afin d’assurer une représentation plus équitable des régions au Parlement ; et, par ce biais, on pourra assurer une représentation des autorités traditionnelles à l’organe législatif.

2.2.8. Le statut de la chefferie traditionnelle devra être re-étudié à l’occasion d’un débat national ouvert et public. Il sera redéfini dans une perspective démocratique.

2.2.9. Pour lutter efficacement contre le fléau national de la corruption et des détournements des biens publics, l’UPC considère qu’il faudra à la fois :

2.2.9.1. Mener une action vigoureuse et impitoyable contre les fautifs, à commencer par les plus gros corrompus et corrupteurs quel que soit leur rang social.

2.2.9.2. Mener des actions pour supprimer les causes sociales de la corruption et du clientélisme (pauvreté, précarité, etc…)

2.2.9.3. Mener des actions permanentes d’éducation du peuple.

2.2.9.4. Récupérer toutes les sommes et tous les biens détournés en plus des peines prévues par les lois, ce qui suppose une véritable indépendance de la justice dans une réelle séparation des pouvoirs.

2.2.10. Une véritable loi de décentralisation sera votée. Elle définira clairement la frontière entre les prérogatives du pouvoir central (à limiter par rapport à ce qu’ils sont actuellement) et celles des pouvoirs locaux (à renforcer par rapport à ce qu’ils sont actuellement), tout en évitant des conflits inutiles et dangereux pour le pays. Les « délégués du gouvernement » dans les villes seront supprimés ; et tous les responsables locaux (maires et conseillers municipaux, conseiller régionaux) seront issus des élections par le peuple qui est majeur et peut choisir ses dirigeants à tous les niveaux.

2.2.11. Toutes les maisons dites « du parti » RDPC, ayant été bâties grâce aux contributions obligatoires de tous les Kamerunais au temps du parti unique, deviendront immédiatement des « Maisons des Partis et Associations », qui seront propriétés publiques. Elles seront gérées par des Comités Municipaux concernés, comprenant des représentants des partis politiques, de représentants des associations de la commune, et des représentants de la municipalité. Tout citoyen ou groupe de citoyens pourra, moyennant une contribution modique nécessaire pour l’entretien et la maintenance des locaux et de leur contenu, y tenir réunions et manifestations de toutes sortes, selon des règles préalablement établies d’un commun accord par le Comité Municipal concerné.

2.3. Sur l’Economie Nationale, les inégalités sociales, la pauvreté et la misère du Peuple


2.3.1. Immédiatement après le départ du pouvoir du RDPC et ses amis, un audit général systématique et complet devra être mené, pour connaître dans le détail la situation réelle du pays, et particulièrement de son économie et de ses finances, y compris le montant total des sommes volées et cachées à l’étranger par tous les corrompus et spécialistes des détournements de fonds et autres biens publics.

2.3.2. Les principes de base essentiels qui guideront la politique économique du Kamerun sont les suivants :

2.3.2.1. L’économie a ses lois qu’il faut prendre en compte si on ne veut pas aller à l’échec. Mais il est également vrai que l’homme et son bien-être doivent être la finalité de toute politique économique. L’homme ne peut et ne doit donc pas être asservi à des objectifs économiques pour des objectifs économiques. Car faire comme cela reviendra tôt ou tard, à soumettre l’homme à la recherche de l’argent pour l’argent. On devra donc au contraire définir les objectifs économiques en tenant le plus grand compte de la satisfaction des besoins et de la résolution des problèmes des hommes et des femmes dans la société kamerunaise.

2.3.2.2. En toutes circonstances, les intérêts de la société dans son ensemble, doivent avoir la priorité par rapport à des intérêts individuels ou de minorités quels qu’ils soient.

2.3.2.3. L’UPC refuse une collectivisation de l’économie kamerunaise; elle ne peut pas non plus accepter le désordre généralisé qui consiste à donner le contrôle total de l’économie nationale à des minorités quelles qu’elles soient.

2.3.2.4. Dans toute l’histoire de l'humanité, même depuis les temps les plus anciens connus, il n’existe pas un seul peuple et un seul pays, qui a pu « se développer » en comptant principalement sur « l’aide » extérieure. A plus forte raison en comptant totalement sur une telle « aide ». Par conséquent, avec l’UPC au pouvoir, seule ou en alliance, notre pays devra adopter une stratégie de développement qui compte principalement sur nous-mêmes, sur nos propres forces et capacités, et sur nos frères africains qui auront éventuellement accepté de partager avec nous les mêmes idées sur ce point, dans le cadre d’une stratégie panafricaine intégrée visant la liberté, l’indépendance et la dignité de nos peuples. Le mot d’ordre pour le Peuple Kamerunais pourra être : « Vivons avec nos moyens, mais avec tous nos moyens, dans la liberté et la dignité, au lieu de vivre comme des mendiants qui se disent souverains et indépendants ».

2.3.2.5. Notre programme visera donc à : (1°) jeter rapidement des bases solides d’une croissance économique forte, saine, soutenable, équitable et durable ; (2°) assainir et moderniser les méthodes de gestion de l’Etat à tous les niveaux, et renforcer la qualité des administrations publiques ; (3°) promouvoir une intégration économique véritable en Afrique, à commencer par l’Afrique Centrale.

2.3.3. Des secteurs hautement stratégiques de l’économie et de la vie quotidienne ne seront donc pas privatisés. Et s’ils le sont déjà, ils devront trouver ou retrouver un statut public, national ou local. Ce sera notamment le cas :

2.3.3.1. de l’énergie (gestion nationale)
2.3.3.2. de l’eau (gestion locale avec l’aide éventuelle de l’Etat, par les communes ou des regroupements de communes)
2.3.3.3. des mines (gestion nationale)
2.3.3.4. des forêts (gestion nationale, régionale ou municipale)
2.3.3.5. des cours d’eau (gestion nationale et régionale)
2.3.3.6. des façades maritimes et celles des lacs (gestion nationale pour les   premières, et nationales/régionales pour les lacs)
2.3.3.7. des chemins de fer (gestion nationale).

Pour les secteurs actuellement privatisés, l’Etat fera tout ce qui est possible pour trouver un accord négocié, y compris avec la possibilité d’indemniser de façon juste et équitable pour les deux parties, ceux à qui ces secteurs auront été bradés par le RDPC.

2.3.4. L’Etat kamerunais, avec l’UPC au pouvoir, s’efforcera de construire une économie ouverte, sans pour autant soumettre notre pays pieds et poings liés aux lois aveugles du « marché », quand ces lois seront foncièrement en contradiction avec les intérêts fondamentaux du Kamerun et des Kamerunais. Dans cette perspective, l’Etat maintiendra un dialogue constant avec tous les milieux économiques ; il encouragera ces milieux à défendre leurs intérêts et les intérêts du peuple kamerunais face aux tentatives étrangères de domination de notre économie nationale.

2.3.5.    Le Kamerun conjuguera en même temps une politique équilibrée autour des deux axes que sont

2.3.5.1.     Une industrialisation aussi rapide que le permettent tous les moyens du pays ;
2.3.5.2.     Une modernisation et un développement de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, en cohérence avec l’industrialisation.

Les objectifs principaux et premiers seront dans ce cadre (1°) d’assurer la nourriture à tous les Kamerunais, et (2°) dégager un surplus suffisant pour financer l’industrialisation.

2.3.6.    Les infrastructures de transports (routes, voies ferrées, voies fluviales, voies aériennes) seront développés selon des plans qui seront établis périodiquement avec des objectifs précis chaque fois. Il est scandaleux que, 50 ans après la soi-disant indépendance, aucune route digne de ce nom ne relie Kousséri à Moloundou , Ambam et Campo ; ni Bamenda et Kumbo directement à Buéa, Kumba et Mamfé. Il est aussi scandaleux que des régions entières ne soient toujours pas électrifiées alors que des voleurs spécialisés détournent régulièrement des dizaines de milliards tout en narguant le Peuple Kamerunais en toute impunité. Il est encore scandaleux que, même quand nos paysans, hommes et femmes, se tuent au travail et produisent, ce qu’ils produisent pourrissent sur place faute de routes menant à des marchés. Et scandaleux toujours,  que des macabos, ignames, bananes, ou du mil pourrissent dans certaines régions alors qu’elles manquent dans d’autres régions.

2.3.7.    La politique d’industrialisation visera notamment à mettre fin à la concentration exagérée des industries à Douala et autour de cette ville (économie orientée avant tout vers l’étranger et non pas vers le pays lui-même), pour créer le plus de pôles possibles d’industrialisation dans les régions. Car la perspective de base sera de bâtir un ensemble économique national cohérent et diversifié, en favorisant le développement de villes moyennes.

2.3.8. Dans le cadre de l’Union Africaine ou dans un cadre régional, le Kamerun posera clairement le problème d’une monnaie qui nous soit propre.

2.3.9. Le Pacte Social : pour mener à bien les tâches énormes envisagées ci-dessus, qui nécessitent que tout le pays soit au travail, il faudra absolument s’entendre par consensus national sur un véritable Pacte Social dont les grandes lignes seront les suivantes :

2.3.9.1. Le fruit du travail des Kamerunais et des Kamerunaises doit profiter à tous ; les richesses produites doivent être partagées de façon équitable, avec justice.

2.3.9.2. La pauvreté et la misère seront effectivement combattues par tous les moyens. En particulier, une attention spéciale sera portée à la progression des revenus et du pouvoir d’achat de tous. A cet effet, un véritable Office National de la Statistique et de l’Information Economique (ONSIE) sera créé, avec comme mission de doter le pays et notamment le gouvernement, d’informations statistiques fiables. L’ONSIE comprendra notamment une Direction des Revenus et des Prix, qui rendra publique chaque année, un rapport sur l’évolution des revenus des Kamerunais, et de leur rapport avec les prix et le coût de la vie. Cela devra permettre au gouvernement, en concertation avec les divers partenaires socio-économiques (syndicats compris) de décider ou faire décider, sur les ajustements nécessaires en matières de prix et de salaires.

2.3.9.3. Dans la lutte contre la pauvreté et la misère, il est scandaleux de laisser les membres du gouvernement et les députés avec des salaires astronomiques si on les compare aux revenus des gens du peuple. Et il est carrément insultant de voir des députés penser d’abord à augmenter leurs salaires dès leur arrivée à l’Assemblée Nationale. Par conséquent, les salaires des ministres et assimilés, ceux des députés et assimilés, seront plafonnés par une loi, ou un décret en cas de refus des députés de voter une loi plafonnant leurs salaires.

2.4.    L’emploi et la formation professionnelle

2.4.1. Avant et avec le lancement à grande échelle des mesures de développement industriel et agricole et des infrastructures ci-dessus évoquées, le Fonds National pour l’Emploi (FNE) devra être profondément repensé pour :

2.4.1.1. Proposer aux jeunes qui sortent du système éducatif sans aptitudes à travailler (faute de véritable formation professionnelle), des formations professionnelles adéquates, c’est-à-dire en priorité fonction des possibilités effectives du marché de l’emploi.

2.4.1.2. Organiser pour les jeunes leur participation à des travaux reconnus d’utilité publique, aux niveaux national, régional ou local. Ces travaux devront être rémunérés par ceux qui les auront demandés et organisés (gouvernement, région, municipalité).

2.4.2. La réforme profonde du système éducatif conduira à assurer une formation professionnelle par paliers, dans le but d'atteindre le plein emploi, de sorte que tout jeune âgé d’au moins 18 ans qui quitte l’école, soit capable d’exercer un métier, éventuellement après deux années de formation via le nouveau Fonds National pour l’Emploi (FNE).

2.5.    L’Education Nationale et la Formation initiale des Jeunes


2.5.1. Un véritable débat national, de masse, impliquant beaucoup plus que des fonctionnaires des bureaux ministériels, sera organisé, sur une durée suffisante, à propos de notre système éducatif, afin d’aboutir à un consensus sur un système éducatif vraiment national. De véritables « Etats Généraux de l’Education » seront organisés, à partir de la base, dans les écoles, les collèges, les lycées et les universités. On écoutera les avis des écoliers, collégiens, lycéens, étudiants, enseignants de tous les niveaux ; on écoutera les parents, tous les citoyens dans toutes les couches du peuple et toutes les composantes de notre société. De toutes ces consultations sera dégagé un consensus national sur notre système éducatif, et le nouveau pouvoir bâtira alors ce système à partir du consensus atteint. C’est cela la démarche de l’UPC.

2.5.2. Du point de vue de l’UPC, aucune des tâches et aucun des objectifs du présent Programme ni d’aucun autre programme sérieux de développement national, ne peut être réalisée ou atteint, sans la formation, par milliers et chaque année, sur des dizaines d’années, de jeunes travailleurs et cadres, par le système éducatif national ; et sans un développement permanent de la recherche scientifique et technique dans le pays. C’est pourquoi l’UPC accordera une priorité absolue à la formation des jeunes Kamerunais, en se basant sur l’idée que l’investissement éducatif n’a pas de prix, et n’est pas un investissement comme les autres. De plus, l’Education Nationale n’est pas et ne doit pas être un commerce.

2.5.3. Un Fonds National pour l’Education et la Recherche (FONER) sera créé. Il sera alimenté chaque année par toutes les entreprises du pays, à raison de 1% (un pour cent) du chiffre d’affaires ; et il sera géré par un organisme mixte (gouvernement, entreprises, collectivités locales, personnalités du milieu scolaire et universitaire) désigné selon une procédure qui sera précisée plus tard, après consultations. Le FONER interviendra en plus des ressources prévues au budget de l’Etat, et exclusivement dans deux champs : (1°) investissement à l’exclusion du fonctionnement et des salaires ; (2°) avant l’instauration de la gratuité totale de l’enseignement, pour attribuer des bourses à des jeunes méritants (élèves ou étudiants) mais dont les familles sans revenus suffisants ne pourront pas faire face aux frais qu’exige la scolarité de ces jeunes ; selon des critères objectivement fixés.

2.5.4. La santé scolaire et universitaire redeviendra une des soucis prioritaires du gouvernement.

2.5.5. Un responsable de très haut niveau au sein du gouvernement (par exemple un Vice-Premier Ministre) chargé de l’Education Nationale et de la Recherche scientifique et technique coordonnera toute l’activité gouvernementale à propos du système éducatif et la recherche, avec sous sa responsabilité tous les ministères éventuels selon la structure du gouvernement qui sera adoptée.

2.5.6. Après la période du Programme Minimum, l’éducation sera progressivement gratuite et obligatoire jusqu’à l’âge de 18 ans, selon des plans pluriannuels successifs.

2.5.7. Une période de tronc commun durera jusqu’à l’âge de 16 ans, au cours de laquelle tous les enfants et adolescents suivront une formation/apprentissage commune, à la fois théorique et technique/pratique (de métiers), avant que commence une spécialisation selon les aptitudes et les choix de chacun, et conformément aux besoins du pays.

2.5.8. Dans tous les centres urbains, des crèches et écoles maternelles seront construites systématiquement, pour préparer les enfants aux écoles primaires, et libérer une main d’œuvre utile tout en procurant des emplois à d’autres personnes. Dans les maternelles et les écoles primaires, les effectifs par classe ne devront pas dépasser 30 élèves.

2.5.9. Des écoles seront construites en nombre suffisant à travers tout le pays, selon des plans périodiques successifs et compte tenu des moyens financiers disponibles.

2.5.10. Au moins un collège/lycée sera construit pour toute population de 50.000 personnes, selon des plans successifs en fonction des moyens disponibles. Dans les collèges et lycées, les effectifs des classes ne devront pas dépasser 35 élèves. Ces normes d’effectifs seront aussi valables pour les établissements privés.

2.5.11. L’UPC réalisera aussi rapidement que possible l’ouverture d’au moins une université par région (province de 2008). En même temps, elle favorisera la mobilité des étudiants et des enseignants d’une université à une autre afin d’éviter la tendance à « régionaliser/tribaliser » les universités qui pourrait naître et se développer.

2.5.12. La fonction enseignante sera rapidement et profondément revalorisée, avec pour objectif clairement déclaré d’attirer à nouveau les meilleurs jeunes esprits dans l’enseignement. A cet effet, des mesures seront prises dans le sens suivant :

2.5.12.1. Les enseignants du primaire et maternel ne seront plus recrutés en dessous du niveau Bac+1 ou GCE+1, après une formation en Ecoles Normales d’Instituteurs.

2.5.12.2. Les enseignants des collèges et lycées ne seront plus recrutés en dessous du niveau Bac+3 (minimum licence) après une année de formation en Ecole Normale Supérieure ou établissement assimilé.

2.5.12.3. L’âge de départ à la retraite sera revu pour les enseignants, et sera porté à 60 ans pour les instituteurs (avec possibilité de choix pour partir à 55 ans), à 65 ans pour les enseignants du secondaire (avec possibilité de choix à partir de 60 ans), et à 65 ans pour tous les enseignants du supérieur (avec possibilité de prolonger de 1 à 3 ans au-delà).

2.5.13. La corruption et le favoritisme seront impitoyablement combattus au sein de l’Education Nationale.

2.5.14. La politique nationale de la Recherche Scientifique et Technique sera redéfinie, et un organisme digne de ce nom, chargé de son exécution sera créé.

2.5.15. Une politique nationale du livre et des matériels scolaires sera élaborée et appliquée.

2.5.16. L'enseignement  de l'Histoire véritable du pays permettra de raviver la conscience patriotique afin d'agir dans l'intérêt du pays et du peuple kamerunais.

2.6.    La Santé du Peuple


2.6.1. L’UPC réhabilitera tous les hôpitaux, dispensaires et centres de santé existants.

2.6.2. Des plans successifs seront élaborés et exécutés, qui viseront à réaliser
- un hôpital (de type provincial 2008) pour chaque arrondissement ou district d’au moins 50.000 habitants ;
- un dispensaire bien équipé pour toute population rurale de 5.000 personnes
- un centre de santé avec pharmacie équipée pour les villages isolés.

2.6.3. Une politique de protection sociale sera discutée, adoptée et mise en œuvre (sécurité sociale), afin de procurer aux Kamerunais une assurance sociale digne de ce nom.

2.6.4. La formation en grand nombre de toutes les catégories de personnels de santé à tous les niveaux, sera développée à grande échelle.

2.6.5.    Une politique nationale, ou à l’échelle africaine (continentale ou régionale), de production de médicaments, sera engagée et développée.

2.6.6.    La médecine dite traditionnelle sera prise au sérieux comme il se doit, et cessera d’être méprisée et considérée comme folklorique. A cet effet, en concertation avec les pratiquants de cette médecine et le corps médical moderne, la médecine traditionnelle sera, le cas échéant, modernisée et, dans cette perspective, elle sera aidée par l’Etat.

2.6.7.    La politique sanitaire poursuivra l’objectif de mettre fin à la médecine et à la santé de classe, à savoir, bons soins pour les riches, et mauvais ou pas de soins du tout pour les pauvres.

2.6.8.    La médecine préventive sera remise à l’honneur ; et un plan sera élaboré pour la développer dans tout le pays.

2.6.9.    Une attention spéciale sera portée sur la santé de la mère et de l’enfant.

2.6.10.    L’UPC fera tout pour améliorer les conditions de travail et de revenus des personnels de santé

2.6.11.    A travers des plans pluriannuels successifs, le pays avancera progressivement vers un système de santé gratuite pour tous les jeunes Kamerunais jusqu’à l’âge de 20 ans, et pour les personnes âgées aux ressources faibles à partir de l’âge de 60 ans.

2.7.    La situation de la femme kamerunaise


Le problème du statut inférieur de la femme kamerunaise n’est pas seulement une question de partage de postes ministériels comme tentent de le faire croire certains, surtout le RDPC et ses amis. C’est un problème qui touche à la racine même de notre société.

Le fait est que certains au moins des aspects de notre culture sont en contradiction avec des objectifs de « développement rapide » que nous proclamons. Et c’est pourquoi,

2.7.1. Un débat national d’envergure et serein sera organisé dans toutes les couches sociales et dans toutes les régions, départements, arrondissements, communes et villages, pour qu’un consensus national soit dégagé sur les questions touchant au statut social de la femme et de la jeune fille, conformément aux objectifs de notre développement, de progrès et de justice dans la société kamerunaise.

2.7.2. Les schémas chauvins qui font de la femme un être inférieur, et qui sont intégrés parfois par les femmes elles-mêmes, devront être combattus et éliminés.

2.7.3. La formation de la jeunesse devra constamment intégrer les éléments visant à une promotion équitable des filles et des garçons, au besoin en usant de mesures incitatives pour les filles.

2.7.4. Le Code de la Famille devra être débarrassé de toutes les dispositions qui visent à maintenir des inégalités injustifiées, et cela quels que soient les prétextes invoqués.

2.7.5.    Une programmation devra être adoptée, avec des périodes de 5 à 10 ans, pour amener progressivement et de façon réaliste mais efficace, à l’égalité véritable entre les femmes et les hommes dans tous les secteurs et centres de décision dans toute la société.

2.7.6.    Un Observatoire National sur la Situation des Femmes (ONSiF) sera créé. Sa mission sera de suivre l’évolution de la situation des femmes dans la société kamerunaise, et de produire chaque année un rapport qui sera largement diffusé et qui devra être pris en considération par le gouvernement et le parlement pour l’amélioration du sort des femmes, notamment en ce qui concerne la législation touchant les femmes.

2.8.    Cultures et Culture Nationales

2.8.1. La vision « tribale et tribalisante », exclusivement folklorique des diverses cultures kamerunaises devra être totalement revue et modifiée, pour laisser place à une autre vision, plus nationale, nationaliste et Panafricaine. Cette nouvelle vision devra aller dans le sens d’une intégration progressive de toutes les cultures de notre pays, sans perspective absolument réductrice à une culture unique.

2.8.2. Les linguistes kamerunais seront appelés à contribuer rapidement à la mise en place immédiate d’un Comité National des Langues et de la Langue de Communication (CONALLC). L’objectif central du CONALLC sera de produire une solution pratique à la
question fondamentale d’une langue africaine de communication pour tout le pays, langue qui ne signifie et ne signifiera pas du tout la suppression des langues des diverses ethnies que le Comité devra au contraire aider à se développer.

2.8.3. Pendant la période transitoire du travail du CONALLC, période qui ne devra pas s’éterniser, les deux langues officielles actuelles, héritées du colonialisme, l’anglais et le français, continueront provisoirement d’être les langues officielles du pays.

2.8.4. Le patrimoine culturel du pays devra être protégé et développé, sous tous ses aspects : sites culturels anciens et nouveaux, hauts lieux de notre histoire et de notre géographie, monuments naturels ou non, personnalités dont les noms doivent plus systématiquement et sérieusement être valorisés (écoles, collèges, lycées publics et privés, universités publiques et privées, rues, etc…). Le fait que moins de 10% de nos écoles, collèges, lycées, universités et voies urbaines portent des noms kamerunais, trahit un conflit non déclaré, entre ce pays et son histoire, entre le pays et sa culture. Cela doit cesser.

Et il faut mettre fin à la pratique de l’UNC- RDPC et leurs alliés, consistant à donner à des écoles, collèges ou lycées, à des monuments et voies urbaines, des noms de personnes encore vivantes, pour les flatter, jouer les griots et se faire bien voir. Avec l’UPC, on ne donnera plus de cette manière, que des noms de personnes décédées, dont la société aura eu le temps d’évaluer les mérites historiques réels.

2.8.5.    Les responsables des problèmes de la culture au sein du gouvernement cesseront de se comporter comme des « chefs de villages des artistes et des hommes et femmes de culture ».

2.8.6. Il sera construit un grand Palais National de la Culture à Yaoundé et à Douala ; une Maison Régionale de la Culture dans chaque capitale régionale ; une Maison Départementale de la Culture dans chaque chef-lieu de département ; et une Maison Municipale de la Culture dans chaque commune.

2.8.6.    Les arts et les lettres seront largement et matériellement encouragés.

2.9.    Les Sports et les loisirs

2.9.1. Le sport s’affirme de plus en plus comme partie intégrante de la culture et de la manière de vivre des hommes et des femmes de notre époque. Cela malgré les dérives parfois grossières, avec l’entrée par effraction de l’argent dans le sport (y compris l’argent parfois sale), ce qui conduit à une marchandisation pure et simple du sport et même des sportifs. C’est pourquoi l’UPC a pour notre pays une politique ambitieuse des sports. Cette politique ne se réduit pas au seul football ; et elle n’a pas du tout pour but d’abrutir le Peuple kamerunais pour l’empêcher de réfléchir à ses difficultés de la vie quotidienne, en le poussant à rêver sans cesse aux « Lions Indomptables qui gagnent à tous les coups ».

2.9.2. Les divers revenus qui peuvent provenir des performances des sports phares, doivent être et seront utilisés non seulement pour développer encore plus ces sports là, mais aussi pour le développement des autres sports dans notre pays.

2.9.3. Il sera mis fin à la fois

2.9.3.1. Aux nombreuses et permanentes combines qui président à la gestion des fédérations sportives et dont parle régulièrement la presse

2.9.3.2. A la tutelle pesante, tatillonne et souvent incompétente, du ministère de la jeunesse et des sports sur les fédérations sportives.

2.9.4. La nouvelle politique des sports consistera notamment à

2.9.4.1. Faire le point sur la situation réelle que laisse le RDPC

2.9.4.2. Elaborer des plans successifs de 4 ou 5 ans de promotion de 2 ou 3 sports chaque fois, avec construction d’infrastructures, mise en place d’équipes techniques nationales compétentes et opérationnelles, qui ne visent pas seulement des résultats à court terme exploitables pour des besoins de propagande politique intérieure vantant le gouvernement et le chef de l’état, comme par exemple « la victoire à la prochaine CAN et même à la Coupe du Monde », mais qui visent aussi et surtout le moyen et le long terme avec notamment : la détection de jeunes talents et leur formation, le suivi et l’entraînement de ces jeunes en concertation avec les services de l’éducation nationale et les autorités locales telles les municipalités.

2.9.4.3. Ecouter attentivement et discuter avec les sportifs et anciens sportifs qui ont accumulé une riche expérience, avant de prendre des décisions.

2.9.4.4. Mettre fin à tous les désordres permanents et humiliants dans l’organisation de la participation kamerunaise aux compétitions africaines ou extracontinentales, qui font régulièrement du Kamerun la risée du monde entier.

2.9.5.    Une politique audacieuse des loisirs sera élaborée et lancée, notamment en ce qui concerne le tourisme populaire, qui devra être un outil efficace d’intégration humaine du pays. En particulier, la réinstauration des internats dans les collèges et les lycées permettra une organisation peu coûteuse de colonies de vacances pour les  adolescents de toutes les régions ; car les jeunes seront invités à passer plusieurs semaines de leurs grandes vacances scolaires dans des régions autres que leur région d’origine, et ainsi, ils apprendront à mieux connaître leur pays et leur peuple. Ce faisant, ils pourront participer à des travaux d’intérêt national (comme par exemple des cours de vacances à des plus jeunes qu’eux).

2.10. Les déséquilibres villes/campagnes, et entre les régions

2.10.1. Une politique audacieuse de création d'emplois dans les zones rurales pour y développer diverses activités afin d'y fixer les jeunes sera élaborée et menée.

2.10.2. Diverses initiatives pour améliorer les conditions quotidiennes de vie en zones rurales seront prises, avec l'objectif déclaré de combattre un exode rural massif

2.10.3. L'UPC élaborera et appliquera une politique rationnelle de la ville, pour une urbanisation totalement différente du désordre urbain mis en place depuis 50 ans. La politique d'urbanisation rationnelle de l'UPC encouragera l'émergence de villes petites et moyennes au lieu des supergrandes villes dont la moitié de la population s'entasse et survit (sans vraiment vivre) dans d'horribles bidonvilles sans que cela semble poser problème au pouvoir UNC-RDPC.  Cette politique upéciste sera règlementée par de vraies lois démocratiquement adoptées, conformes aux intérêts collectifs de la population, et aux nécessités d'une vie commune en agglomération.

2.10.4. Comme complément d'une véritable politique de décentralisation créant des collectivités locales ayant des pouvoirs réels, une politique upéciste visant à un équilibre sain dans le développement de toutes les régions du pays sera élaborée, discutée au plan national et régional, puis adoptée et appliquée. Elle aura pour vocation de protéger notre pays contre divers  risques de chauvinisme qu'un développement inégal des régions pourraient contribuer à développer dans les régions et au sein du peuple.

2.11. Protection de l'environnement et questions écologiques

2.11.1. Une politique vigoureuse de protection de l'environnement et des espaces naturels sera élaborée et appliquée avec rigueur, contre tous les fraudeurs et leurs complices qui détruisent nos forêts, notre faune et notre flore. Les parcs et sites naturels ainsi que les richesses qu'ils récèlent seront protégés comme il faut.

  2.11.2. Les cours d'eau feront l'objet d'une grande attention quant à leur protection contre notamment les pollutions diverses. Et ceux qui sont navigables et qui sont abandonnés depuis des dizaines d'années seront réhabilités à cette fin.

2.11.3. Le braconnage sera plus sérieusement réprimé, et les safari de luxe seront plus rigoureusement règlementés

2.11.4. Une politique nationale sera élaborée et appliquée au sujet de la communauté des Pygmées,

2.11.5. La politique upéciste de protection de l'environnement et à propos des questions d'écologie sera insérée dans la politique globale de développement économique, social et humain durable, à long terme, en ayant toujours en vue les intérêts des générations futures.

2.12. La Protection Civile et le Statut des Forces Armées

2.12.1. Un Office National des  Catastrophes Naturelles sera créé. Sa mission sera de prévoir les catastrophes naturelles (éruptions volcaniques, tremblements de terre, grandes inondations, éboulements, etc...) et de  gérer la situation quand ces catastrophes se produisent quand même.

2.12.2. Des mesures concrètes de toutes sortes visant à améliorer la protection civile des citoyens seront élaborées et mises en application; notamment, la lutte contre les accidents mortels sur les routes sera menée à travers l'amélioration du réseau routier, et la répression des fraudeurs à propos des permis de conduire et de la maintenance des véhicules.

2.12.3. Une politique de véritable protection des victimes des accidents qui n'auront pas pu être évités sera élaborée  et appliquée.

2.12.4. Les forces armées ont pour vocation d'être des forces armées nationales, et non pas des forces armées d'un gouvernement. Car les gouvernements passent, mais les forces armées demeurent. C'est pourquoi l'armée et la gendarmerie redeviendront, comme c'est leur mission normale, des corps de protection de la patrie et du peuple, et cesseront d'être au service de tel ou tel gouvernement pour l'aider à se maintenir au pouvoir contre la volonté du peuple. De son côté, la police devra aussi redevenir Police nationale, au lieu de servir à racketter le peuple à gauche et à droite, sur les routes et en dehors des routes. Ainsi, les forces armées et la police pourront et devront à nouveau fraterniser avec leur Peuple.

2.13. Le Kamerun sur la scène Panafricaine et mondiale

2.13.1. Depuis environ 50 ans, l’Histoire a largement prouvé, qu’aucun pays africain ne peut seul, sortir des griffes du néocolonialisme et de la dépendance. De ce fait, l’UPC
rappelle que seule une politique audacieuse et hardie d’unification africaine, tout en tenant compte des réalités et des pesanteurs, peut permettre à notre pays d’avancer, la main dans la main avec d’autres pays frères, de réaliser de vrais progrès à moyen et à long terme, dans un cadre Panafricain, vers une Unité Politique nécessaire, avec un Gouvernement Africain d’Union.

2.13.2. Pour cela, l’UPC propose au Peuple Kamerunais, de se déclarer prêt à renoncer à une partie de sa souveraineté au profit de l’Afrique Unie, si c’est pour marcher ensemble vers l’Unité Africaine, vers un Gouvernement Continental d’Union. Car cela ne
veut strictement rien dire de se proclamer « souverain » alors qu’on mendie chaque jour pour la moindre action sérieuse, auprès de ceux là même qui, pour certains, sont en grande partie responsables de notre situation actuelle.

2.13.3. Au sein de l’Union Africaine (UA) ou en dehors d’elle, et en attendant, le Kamerun dirigé par l’UPC travaillera avec d’autres frères africains, pour faire avancer la réalisation des « 12 Propositions » faites à tous les Chefs d’Etats et aux Peuples Africains en 2001 au moment de la naissance de l’UA, éventuellement mises à jour.

2.13.4. Avec l’UPC au pouvoir, le Kamerun sera plus présent et plus régulier, plus consistant aussi, sur la scène africaine. Et il s’appliquera à promouvoir une diplomatie moins buissonnière et somnambulesque que celle du RDPC.

2.13.5. Hors d’Afrique, le Kamerun, avec l’UPC, développera des relations de coopération multiforme et mutuellement profitables, débarrassées de toute emprise néocolonialiste, avec tous les pays et tous les peuples épris de paix et de justice sociale dans le monde entier.


PROPOSITIONS A COURT TERME

POUR UN GOUVERNEMENT DE TRANSITION

Un Programme Minimum proposé par l’UPC
A Tous les Patriotes et Démocrates Kamerunais

Après 50 ans de dictature et de destruction du pays,  l’UNC-RDPC aura mis le Kamerun à plat, totalement par terre et démembré.

Il sera donc très difficile et même impossible, pour les forces patriotiques et progressistes qui arriveront au pouvoir, de commencer immédiatement à appliquer leur Programme. Même l’UPC, seule ou en alliance avec d’autres forces démocratiques et patriotiques, ne pourra pas le faire.

Il faudra donc nécessairement une période transitoire, certes courte mais absolument inévitable parce que nécessaire.

Ce sont les mesures à prendre pendant cette période qui sont maintenant proposées par l’UPC.

1.1.    Constitution d’un Gouvernement de Transition. Ce gouvernement comprendra toutes les forces ayant réellement prouvé leur attachement à la lutte patriotique pour un Kamerun démocratique et de justice sociale.

1.2.    Réalisation d’un audit général. Par cet audit, le gouvernement de transition et le pays donneront un délai de 6 à 9 mois à une Commission Nationale d’Audit, qui devra produire un rapport public, traitant de tous les aspects de la vie du Kamerun pendant les années écoulées depuis 1958.

1.3.    Désignation rapide d’une Commission Constitutionnelle dont la composition sera rendue publique, après consultations des composantes les plus diverses du Peuple. La Commission sera chargée de rédiger, dans un délai de 6 mois, un Avant-Projet de Constitution qui devra être profondément républicaine et démocratique avec, le cas échéant, la durée du mandat du chef de l’état limitée à 5 ans, renouvelable deux fois irrévocablement, soit 15 ans en tout au maximum pour la même personne.

1.4.    Organisation d’un recensement général sérieux de la population, pendant la période de travail de la Commission Constitutionnelle.

1.5.    Discussion nationale publique de l’Avant-Projet de Constitution, dès que la Commission a remis son travail, et que le recensement de la population est terminé.

La discussion se déroulera dans tout le pays et dans la diaspora kamerunaise. Elle durera 6 mois, et la période de cette discussion sera en même temps celle de la campagne électorale pour élire une Assemblée Constituante, sur la base de 1 député pour 100.000 habitants.

1.6.    L’Assemblée Constituante adopte un Projet de Constitution à partir de l’Avant-Projet rédigé par la Commission Constitutionnelle et qui lui est soumis. Elle aura un délai de 3 mois pour adopter le projet. Ensuite, le gouvernement de transition soumettra le projet adopté par l’Assemblée Constituante, sans modification, à un référendum populaire dans un délai maximum de 2 mois à compter de l’adoption du projet par l’Assemblée.

En dehors de l’adoption du projet de Constitution, l’Assemblée Constituante n’aura pas de pouvoir législatif, à l’exclusion de celui de voter un Code Electoral Démocratique. Ce code devra renfermer les orientations contenues dans le paragraphe 2.2. et notamment 2.2.7 ci-dessus des «Réponses de l’UPC aux 10 défis majeurs ». Pour adopter ce nouveau Code Electoral Démocratique, l’Assemblée Constituante aura un délai supplémentaire de 4 mois.

1.7.    Organisation des élections parlementaires et présidentielles. Elles seront organisées, dans un délai de 8 mois après le référendum constitutionnel et conformément au nouveau Code électoral, selon les modalités générales suivantes :

1.7.1.    Les élections législatives dans un délai de 6 mois après le référendum constitutionnel, à raison de 1 député pour 50.000 habitants.
 1.7.2  Des élections pour désigner le chef de l’état, dans les 2 mois qui suivent les élections législatives, dans un scrutin à deux tours.

1.8.    Premières mesures sociales : dès son installation, le gouvernement de transition, après le rapport d’audit et compte tenu de l’état des finances du pays, décrétera une hausse du SMIG à 35.000 FCFA minimum dans tout le pays, et 45.000 FCFA dans tous les chefs-lieux de région (province et de département).  Dans le même temps, il engage une lutte sans merci contre les hausses intempestives des prix, ainsi que contre la corruption et les détournements de deniers publics.

1.9.    Si le rapport d’audit et l’état des finances le permettent, le gouvernement de transition décrétera aussi, en même temps que l’augmentation du SMIG, la gratuité effective immédiate de la scolarité primaire et la suppression de tous les frais jusqu’ici demandés aux familles. Par conséquent, les frais réputés inévitables à ce niveau (examens et autres) seront pris en charge par l’Etat.

1.10.    Transports urbains. Rapidement, le gouvernement de transition s’attaquera au problème crucial des transports urbains dans les grandes villes, à commencer par Douala et Yaoundé, les capitales régionales et les autres villes où se pose ce problème.


Discuté et Adopté par le Congrès de l'UPC réuni à Douala du 14 au 17 Août 2008
(2è Congrès de la Reconstruction)
 

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