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UNION DES POPULATIONS DU CAMEROUN (UPC) UNION OF THE POPULATIONS OF CAMEROON (UPC) POUR QUE L’UNION AFRICAINE RELANCE VRAIMENT LE PANAFRICANISME POUR ALLER VERS LES ETATS-UNIS D’AFRIQUE 12 PROPOSITIONS DE L’UPC Document adopté par le Comité Directeur de l’UPC en sa session du 30 juin 2001 à Douala Le 25 mai 1963 se terminait à Addis-Abeba, en Ethiopie, la Conférence au sommet de tous les pays africains indépendants, qui avait été convoquée pour discuter et adopter des mesures afin de réaliser l’unité africaine. Elle accoucha d’une Organisation des Etats Africains qu’elle baptisa « Organisation de l’Unité Africaine », en abrégé « OUA ». Le 25 mai 2001aurait donc marqué le 38ème anniversaire de l’OUA si, entre temps, n’était pas intervenu la signature de l’Acte Constitutif de l’Union Africaine (UA, initiée lors d’un sommet des pays membres de l’OUA réuni à Syrte, en Lybie. Après la signature de la Tanzanie, la majorité qualifiée nécessaire des 2/3 des états membres venait de signer ‘acte formel constatant le décès de l’Organisation de l’unité Africaine : l’OUA avait cessé d’exister. La prochaine conférence panafricaine au sommet, prévue en juillet 2001 à Lusaka en Zambie, ne sera donc plus un de ces sommets fastueux auxquels l’OUA avait habitué l’Afrique et les peuples africains depuis près de 40 ans : ce sera plutôt une cérémonie funèbre pour une organisation qui a agonisé pendant trop longtemps. 1. Ruben UM NYOBE, Fondateur et Secrétaire Général de l’UPC, un des plus grands patriotes africains de tout le 20ème siècle et du Mouvement de Libération Nationale en Afrique après la Guerre Mondiale du 1939-1945, a dit : « Nul n’est prophète en politique ; mais quand on est constamment coupable d’avoir eu raison le premier, il y a quelque satisfaction morale à rappeler quelques faits du passé. » Bien avant la Conférence de mai 1963 qui fonda l’OUA, de nombreux patriotes africains, gouvernements et hommes ou militants politiques, avaient exprimé leurs points de vue sur ce qui se préparait. Le Président du Ghana, Kwame Nkrumah, était un ardent partisan d’une unité africaine véritable, c’est-à-dire une unité allant jusqu’à l’unité politique : il préconisait la formation d’un gouvernement continental d’union, qui devait prendre en charge les questions essentielles (telles que les grandes orientations économiques, la défense, les affaires étrangères, etc…), cependant que les gouvernements des différents états africains et les pays, conserveraient la liberté entière pour le reste des affaires. Nkrumah exposa ses vues dans un livre intitulé Africa Must Unite (traduit en français par L’Afrique doit s’unir), paru en 1963, peu avant la Conférence d’ Addis-Abeba, au cours de laquelle chaque chef d’état présent prononça un discours, Nkrumah déclara notamment, prémonitoire : « A moins que nous ne réalisions l’Unité Africaine maintenant, nous qui siégeons ici aujourd’hui, serons les victimes et les martyrs du néo-colonialisme. (…) Seule une Afrique unie avec un Gouvernement d’union, peut sérieusement mobiliser les ressources matérielles et morales de nos Etats particuliers et les appliquer avec l’efficacité et l’énergie indispensables à l’amélioration rapide des conditions de vie de nos Peuples. » Quant à elle, l’UPC, tout en appréciant positivement les thèses du Président Nkrumah, mettait en garde contre la fondation d’un rassemblement comme l’OUA qui, selon l’UPC, allait inévitablement prendre les forces anticolonialistes africaines en otage à l’échelle de tout le continent, et faire ainsi le jeu des conservateurs africains alliés au néo-colonialisme étranger, lesquels conservateurs venait juste d’être rebaptisés sous l’appellation hypocrite de « modérés ». Face à ces positions, les « modérés », regroupés dans un camp comprenant notamment Houphouët-Boigny, Ahmadou Ahidjo, Léopold Senghor, Tafewa Balewa au Nigeria, Haïlé Selassié, etc, etc… soutenaient que ce qu’il fallait à l’Afrique pour son progrès, ce n’était pas l’unité et surtout pas l’unité politique, mais un regroupement de tous les états indépendants et souverains, qui s’attelleraient à la construction de grands ensembles économiques tels que l’UDEAC, la CEAO, l’OCAM, l’UAM, et telle ou telle « communauté économique de telle ou telle région d’Afrique. Refusant violemment toute idée d’unité politique à laquelle ils opposaient la souveraineté des états, les « modérés » imposèrent la Charte de l’OUA reposant sur des principes opposés aux fondements même du Panafricanisme, à savoir : (1) intangibilité des frontières coloniales, tracées pour l’essentiel en 1884 lors d’un congrès européen à Berlin ; (2) non-ingérence de qui que ce soit en Afrique, dans les affaires intérieures d’un Etat africain ; (3) souveraineté totale des états africains issus de la colonisation, et, simplement, coopération entre ces états. C’est ainsi que fut lancée l’OUA : la Charte fut adoptée en 1964 au sommet du Caire. 2. Dès le milieu des années 1970, l’UPC annonça qu’en réalité, si on jugeait les choses à partir du nom même que porte l’organisation panafricaine, et de son objectif proclamé qui était de faire « l’unité africaine (même) modérée », il est clair que l’OUA avait d’ores et déjà fait faillite. Ainsi, en 1977, l’UPC reposait la question : « L’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) a-t-elle réellement fait faillite ? Telle est l’une des questions essentielles du Panafricanisme actuel. » Car beaucoup de personnes, en Afrique et hors de notre continent, persistaient à nier la vérité pourtant évidente. Mais, quelques 10 ans à peine plus tard, l’UPC n’était plus la seule. En effet, dans une espèce d’hommage du vice à la vertu, en décembre 1986, les chefs d’états des 6 pays membres de l’UDEAC chargeaient le Secrétaire Général de ce « grand regroupement économique régional » que les « modérés » vantaient en 1963, le Kamerunais Ambroise Foalem, et son équipe, de bien vouloir « étudier une nouvelle stratégie d’intégration économique et sociale de l’UDEAC ». Le rapport de l’équipe de Foalem au Secrétariat Général de l’UDEAC fut remis aux chefs d’état en septembre 1998. Il affirmait notamment que « l’UDEAC est bloquée (à cause de) l’inconséquence des politiques adoptées depuis les indépendances ; (ce qui) fait des Etats africains aujourd’hui des terrains d’élection du FMI et de la Banque Mondiale. » Ensuite, ce rapport précisait : « L’Afrique doit se secouer… au lieu de s’abriter derrière des principes désuets : souveraineté nationale, indépendance nationale ; intangibilité des frontières coloniales (…) L’Afrique ne pourra se développer que si elle s’intègre et si les droits de l’Homme sont respectés… L’intégration ne signifie ni plus ni moins qu’une fédération politique… » 3. Le bilan de près de 38 ans de l’OUA (mai 1963 – avril 2001) est pourtant clair et net : c’est le triomphe presque partout, du néo-colonialisme dans notre Continent. C’est la dégradation continue des conditions de vie des Peuples Africains. L’OUA a pu intégrer l’Afrique dans les rassemblements avec le « Pacifique et les Caraïbes », mais elle a été incapable de conserver et développer les fameux « regroupements économiques régionaux » qu’elle promettait à sa naissance en 1963. L’OUA a réussi à couvrir la coopération policière continentale et les diktats de la « mondialisation » néo-colonialiste et les affirmations gratuites de celle-ci sur le « village planétaire » et autres ; mais elle a été incapable d’organiser le « quartier africain de ce village », afin de renforcer l’indépendance de l’Afrique, de ses pays et de ses peuples ; comme elle est incapable ne serait-ce que d’envisager les voies et les moyens pour engager un véritable processus d’amélioration des conditions de vie misérables des peuples africains. Si bien qu’aujourd’hui, la question de l’OUA, c’est également le triomphe presque partout des régimes dictatoriaux, oppressifs et de partis uniques, malgré les petits changements, souvent d’ailleurs de façade, enregistrés au cours des 10 dernières années (1990-2000). 4. Face à ce bilan franchement négatif de l’OUA, qui fait perdre à notre Continent et à ses peuples, l’équivalent d’au moins un bon siècle dans son évolution historique, l’UPC n’a cessé d’indiquer, depuis au moins 25 ans, que la faillite de l’OUA faisait obligation à tous les patriotes africains, d’imaginer des solutions pour sortir nos pays et notre Mère Afrique, à la fois du bourbier politique, des impasses économiques, de l’arriération scientifique et technique, et de la stagnation sociale, afin de sauver nos peuples du désastre chaque jour plus menaçant pour leur survie. 5. Le remplacement de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) par l’Union Africaine (UA), marque un pas dans la bonne direction, qui est la direction de l’Unification de l’Afrique, laquelle unification ne peut être réelle que si elle intègre la dimension politique, si elle s’achemine clairement vers l’union politique de nos pays. Cela, c’est la leçon que donnent à tous les peuples africains, les quarante années qui viennent de se passer avec une Afrique sous l’OUA et le néo-colonialisme. La cabale grossière des média contrôlés ou inspirés par certains pays, contre le chef d’état libyen en sa qualité d’initiateur du projet d’Union Africaine, exprime simplement la peur d’une relance effective des orientations panafricaines progressistes et populaires connues entre 1900 et 1963, et que l’OUA avait tenté de rayer de l’histoire de nos pays et de notre Continent. Les patriotes et démocrates africains, l’ensemble de la jeunesse éveillée d’Afrique ne s’y trompent pas. 6. Cependant, l’avènement de l’Union Africaine ne peut réellement marquer une relance du Panafricanisme et de la marche vers l’Unité Africaine, que si l’on prend soin (1) de tourner le dos aux principes anti-panafricains imposés par les « modérés » en 1963, (2) d’éviter les errements réactionnaires et les blocages pusillanimes de l’OUA, et (3) de ne pas laisser les questions de l’Unification de nos pays aux seuls chefs d’état et de gouvernements africains. En premier lieu, le principe de l’intangibilité des frontières coloniales, n’a en rien empêché certains états africains de franchir les frontières et d’envahir d’autres états : ce principe a donc fait faillite. En second lieu, le principe de la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays n’a pas empêché certains états de s’immiscer, parfois grossièrement, dans les affaires des autres, sans y avoir été invités : ce principe a fait faillite. En troisième lieu, le principe de la souveraineté des états a montré son caractère illusoire, dans la mesure où certains états africains (et ils sont nombreux) ne peuvent même pas parfois payer leurs fonctionnaires, et sont ainsi obligés de vendre chaque jour cette souveraineté fictive à des pays étranger, ou même à des entreprises privées étrangères : ce principe lui aussi a donc fait faillite. En quatrième lieu, la prétention des gouvernements de nombreux pays africains à « construire la nation » a aussi étalé au grand jour sa vraie nature : c’est un slogan vie. Cette prétention a également fait faillite. Par ailleurs, la confiscation, au sein de l’OUA, par les chefs d’état et de gouvernements, du processus d’unification de nos pays et de notre continent, transformant ainsi l’organisations panafricaine en un curieux syndicat de chefs d’état, a clairement montré que les peuples africains doivent absolument intervenir de toutes les manières possibles, pour faire réellement avancer l’unification. Ce sont là les raisons pour lesquelles les upécistes, en restant fidèles à l’orientation historique de l’Union des Populations du Cameroun (UPC), orientation connue dans tout le continent, pensent que, si l’Union Africaine naissante veut vraiment remettre en marche le processus de construction véritable de l’unité africaine, elle doit rapidement proclamer que les principes, thèses et théories cités, ne sont plus admis comme des dogmes par les Africains. Si l’Union Africaine veut réellement relancer le Panafricanisme, et elle le doit, si elle veut réveiller sérieusement les espoirs que suscita l’idée africaine jusqu’en 1963, espoirs enterrés par l’Organisation dite de l’Unité Africaine, il faut absolument que la nouvelle Union, tout en gardant le « réalisme » nécessaire, brise la pusillanimité de l’OUA, mobilise les peuples africains et spécialement la jeunesse des deux sexes, organise les formidables énergies dont recèlent nos pays, dans la seule perspective digne de notre histoire et des attentes des peuples de notre continent. A savoir la perspective de l’Unification Politique des pays africains pour la satisfaction des besoins et des aspirations des peuples africains. Faute de cela, l’Union Africaine risque fort de connaître le même sort que l’OUA, pour avoir suivi la même voie. 12 PROPOSITIONS PRECISES POUR PERMETTRE A L’UNION AFRICAINE DE REMPLIR CETTE MISSION HISTORIQUE Proposition n°1 : Il faut harmoniser rapidement les processus de démocratisation des divers pays africains. A cet effet : 1°) Généraliser à l’échelle de tout le continent, le principe et le processus de décentralisation du pouvoir d’état, en reconnaissant clairement partout les pouvoirs locaux et régionaux, dans le cadre, selon la décision des états membres de l’UA chacun en ce qui le concerne, d’états unitaires, fédéraux ou confédéraux. 2°) Développer le processus de déconcentration du pouvoir d’état dans tous les pays, pour mettre fin aux pouvoirs autocratiques là où ils existent actuellement. 3°) Fixer partout la majorité civile à 18 ans dans tous les pays africains, pour permettre à la jeunesse africaine de jouer pleinement son rôle dès ce début du 21ème siècle. Cette mesure, ainsi que les deux précédentes de cette seconde proposition, doivent être prises au plus tard le 1er juillet 2005. 4°) Développer et renforcer la transparence dans le processus de gouvernement, notamment par : - des élections fiables à tous les niveaux ; à cet effet, désigner au plus tard le 1er juillet 2003 pour la première fois, une Mission d’Observateurs Africains Impartiaux (MOAI), pour superviser chaque élection présidentielle, parlementaire, régionale ou municipale, dans chaque pays africain. La MOAI sera désignée par la Commission de l’UA, après consultation du Parlement Panafricain et des forces politiques du pays concerné (qu’elles soient au pouvoir ou dans l’opposition). - en étendant à tous les pays africains, le principe démocratique fondamental qui veut que tout citoyen majeur a le droit inaliénable de se présenter à toute élection sans être obligé de se soumettre à un parti politique ou a une organisation quelconque pour valider sa candidature. - en incluant dans l’article 30 de l’Acte Constitutif de l’UA, la clause selon laquelle les personnes et/ou les gouvernements qui accèdent au pouvoir ou s’y maintiennent par des fraudes électorales, sont également considérés comme « usant de moyens anticonstitutionnels »et, de ce fait, « ne sont pas admis à participer aux activités de l’Union » (cf. article 30 actuel de l’Acte Constitutif de l’Union). Pour éviter des débats interminables autour du fait que l’on ne peut pas réviser tout de suite l’Acte Constitutif, l’UPC propose que cette mesure soit incorporée dans l’Acte dans deux ans seulement, donc le 1er juillet 2003 au plus tard. 5°) Instituer rapidement, au plus tard le 1er juillet 2003, une Commission Panafricaine permanente des Droits de l’Homme et du Citoyen (COPADHOC), chargée de connaître de tout ce qui concerne la reconnaissance effective, l’extension continue, la défense et les violations des droits de l’Homme et du Citoyen dans tous les pays africains. Utilisant les travaux de 5 Bureaux Régionaux (1 pour chacune des 5 régions africaines suivantes : Afrique du Nord, Afrique Occidentale, Afrique Centrale, Afrique de l’Est y compris les Iles africaines de l’Océan Indien, Afrique Australe), la COPADHOC publiera un Rapport annuel qui devra être disponible pour tous les Etats africains, tous les citoyens, toutes les associations et organisations de toutes nature, en Afrique et dans le monde. 6°) Développer, étendre et renforcer es droits des femmes dans tous les aspects de la vie sociale dans tous les pays africains. Pour surveiller le processus, l’Union désignera, au plus tard le 1er juillet 2003, une Mission Panafricaine pour les droits des Femmes (MIPAF), à qui elle fournira les moyens et facilités dans l’exercice de sa tâche. La MIPAF élaborera un Rapport annuel qu’elle remettra à la Commission de l’UA pour être rendu public et disponible pour l’opinion africaine. Proposition n°2 : Engager rapidement le processus de coordination des diplomaties africaines. Pour cela et concrètement, à compter du 1er juillet 2002, la procédure suivante sera instituée au sein de l’Union : avant chaque conférence internationale ouverte à tous les états, ou à laquelle participent de nombreux états africains, une réunion préalable du Conseil Exécutif (ou de la Conférence) de l’union se tiendra, pour une concertation en vue d’adopter une position africaine commune et obligatoire pour tous les pays africains (y compris aux assemblée générales de l’ONU et de toutes les organisations du système des Nations Unies). Proposition n°3 : Mettre en place le Parlement et un Exécutif Panafricains véritables au plus tard le 1er juillet 2006, donc dans un délai de 5 ans. 1°) Procéder à l’élection des membres du Parlement Panafricain au suffrage universel direct, supervisée par des observateurs de la MOAI, selon les modalités suivantes : (i) 5 élus de droit pour chaque pays quelle que soit sa population ; (ii) 3 élus supplémentaires par tranche de 10 millions d’habitants dans le pays. L’élection a lieu le même jour dans tous les pays africains, fixée par le Conseil Exécutif de l’union. Le mandat durerait 5 ans. 2°) Doter progressivement la Commission de l’UA de véritables pouvoir de décision qui ne soient pas constamment remis en cause par les Etats membres. Ce processus progressif de « transfert de compétences » à la commission devra démarrer, après une période d’observation, au plus tard le 1er juillet 2005. A compter de cette date et du démarrage du processus progressif de « transfert de compétences », les décisions de la Commission sont proses par consensus ou, à défaut, à la majorité des deux tiers des membres, pour une durée de 5 ans (1er juillet 2010). Toutefois, les questions de procédure, y compris pour savoir si une question est de procédure ou non, sont tranchées à la majorité absolue des membres. A compter du 1er juillet 2010, les décisions de la Commission sont proses à la majorité absolue des membres, sauf les décisions de procédure, y compris la question de savoir si une question est de procédure ou non, qui sont prises à la majorité simple. Proposition n°4 : Il faut rapidement faire des avancées sur la question de la nationalité et des déplacements des personnes. Pour cela, il faut adopter les deux mesures suivantes : 1°) instituer un passeport africain unique dans un délai maximum de 10 ans, c’est-à-dire au plus tard au 1er juillet 2011. Au cours de cette période de 10 ans, et à titre expérimental, un passeport régional unique sera institué pour chacune des 5 régions africaines suivantes : Afrique du Nord, Afrique Occidentale, Afrique Centrale, Afrique Orientale et les Iles africaines de l’Océan Indien, Afrique Australe. Le passeport régional devra être institué au plus tard le 1er juillet 2006, et expérimenté jusqu’au 30 juin 2011 au plus tard. 2°) Supprimer le visa d’entrée et de sortie entre pays africains pour les citoyens de ces pays, à compter du 1er juillet 2011. Proposition n°5 : Respecter les syndicats et les travailleurs africains. Les droits syndicaux internationalement reconnus, souvent approuvés par les états africains dans les forums mondiaux mais jamais appliqués sur place, doivent être respectés sans restriction. Les travailleurs africains doivent être protégés, face aux menaces oppressives et souvent racistes, ainsi que face à la volonté des patrons africains ou non-africains. Cela suppose notamment de mettre fin aux mesures actuellement appliquées contre les travailleurs telles que la dérèglementation, les codes du travail en vigueur et dignes d’une époque qu’on croyait à jamais révolue. L’Union Africaine donnera aux états membres un délai de 5 ans maximum (donc jusqu’au 1er juillet 2006) pour se conformer complètement et sans réserve aux textes et pratiques démocratiques en matière de droits syndicaux, de conventions collectives, de protection des travailleurs en général. En particulier, tous les états devront reconnaître aux syndicats le plein droit de se former librement, de se concerter librement et s’ils le veulent de coordonner librement leurs actions, sans leur imposer des syndicats et cadres d’actions officiels et administratifs dignes d’une époque révolue. A cet effet, l’Union Africaine reconnaitra aux syndicats constitués, le droit d’attaquer devant la Cour de Justice de l’Union, les actes qu’ils jugent illicites posés par les gouvernements de leurs pays respectifs. Proposition n°6 : Construire des Forces Armées Panafricaines (FAPA). L’union Africaine doit engager rapidement une politique de mise sur pied de Forces Armées Panafricaines, dont la tâche sera, si nécessaire, de permettre à l’UA, 1° de protéger l’Afrique contre les agressions extérieures, 2° de conserver ou rétablir la paix dans une région quelconque du continent où elle est menacée, en s’interposant entre les belligérants, 3° de permettre à l’union de faire exécuter ses décisions et d’accomplir sa mission de réalisation dans l’Unité Africaine. Pour cela, 1°) Dans un délai maximum de 3 ans (au plus tard le 1er juillet 2005 en tenant compte de l’année de transition prévue par l’Acte Constitutif), chaque Etat africain aura à tenir prête, dans ses forces armées nationales, une unité équivalente à au moins une compagnie (pour les Etats dont l’armée est réduite en effectifs et les moyens très limités) et au plus une brigade (pour ceux dont l’armée est nombreuse et les moyens consistants), pour être mise à tout moment à la disposition de l’Union Africaine dans le cadre des FAPA. 2°) Cette unité devra suivre un entrainement adapté et une formation générale conformes aux tâches panafricaines auxquelles elle est destinée. Cet entrainement et cette formation seront à la charge de l’état d’origine. Toutefois, celui-ci pourra demander, et si possible obtenir de l’Union une aide exceptionnelle au cas où des difficultés particulières (par exemple catastrophes naturelles qui réduisent momentanément les capacités financières du pays) l’empêchent d’assumer ces responsabilités, sans que cette possibilité d’aide panafricaine puisse être considérée comme un droit. 3°) Les frais occasionnés par les interventions des FAPA sur un théâtre quelconque d’opérations sont à la charge de l’Union, qui peut cependant solliciter des contributions volontaires complémentaires des états membres. 4°) Pour faciliter l’intégration des unités mises à la disposition de l’Union au sein des FAPA, en dehors même des périodes d’intervention de celles-ci sur un théâtre d’opérations, l’Union Africaine désignera un Comité Permanent des FAPA, comprenant notamment des officiers et un personnel civil et militaire de différents pays, siégeant à Addis-Abeba, et dont les membres seront en poste pour une durée de 6 ans renouvelables par moitié tous les 3 ans. Le Comité Permanent des FAPA aura notamment pour tâche : - d’organiser des visites régulières aux forces armées nationales, et des rencontres de fraternisation et de travail entre responsables et hommes de troupe des forces armées des divers pays membres, pour discuter et étudier des questions militaires d’intérêt panafricain qui sont du ressort de l’UA, sans s’ingérer dans des affaires internes des états membres, - d’organiser des colloques avec les officiers, sous-officiers et soldats des unités mises à la disposition de l’UA par les différents pays africains, - d’organiser des manœuvres militaires une fois par an, avec tout ou partie des unités mises à la disposition de l’UA dans le cadre des FAPA, - d’exécuter les missions décidées par les organes compétents de l’UA et qui sont d’intérêt panafricain, à l’exclusion toutefois du rétablissement au pouvoir d’un chef d’état ou de gouvernement renversé par son propre peuple et qui appellerait au secours l’UA, et à l’exclusion de toute participation à un coup d’état dans un pays africain quelconque. Proposition n°7 : Aller vers une monnaie africaine unique. Au plus tard le 1er juillet 2003, l’Union Africaine engagera le travail et les actions préparatoires visant à l’institution, au plus tard le 1er juillet 2023, d’une monnaie africaine unique. Proposition n°8 : Combattre fermement les comportements criminels de chefs d’Etats ou de gouvernements, ou d’autres dirigeants en Afrique, qui saignent nos pays et notre continent, en déposant des millieads volés à nos états dans les pays étrangers pourtant déjà enrichis, millieads que l’Afrique a ensuite beaucoup de mal à récupérer, ce qui enfonce toujours plus nos peuples dans une misère effroyable. Pour cela : 1°) L’Union doit donner plein mandat à la Commission pour qu’à partir du 1er juillet 2004 au plus tard, elle mène ou fasse mener des recherches approfondies sur les fortunes volées et déposées dsans les pays étrangers ou africains, par les dirigeants à tous les niveaux ; qu’elle publie chaque année un « Rapport sur l’Appauvrissement de l’Afrique (RAA) » qui donne toutes les informations recueillies, et qui soit disponible pour chaque état membre et pour tous les citoyens africains. 2°) l’Union doit prendre une résolution, au plus tard le 1er juillet, contraignante pour tous les pays africains, qui exige des dirigeants ayant en charge la gestion des fonds publics, de rendre publiques leurs fortunes et la localisation de celles-ci, avant leur entrée en fonction. 3°) Dans une clause additionnelle à l’Acte Constitutif de l’Union Africaine, celle-ci fera admettre à tous les pays africains, dans un délai maximum de trois ans à compter du 1er juillet 2001, le droit et le pouvoir légaux des organes compétents (à désigner) de l’Union, de poursuivre devant la Cour de Justice de l’Union, tout Africain (chef d’Etat ou non) qui se sera rendu coupable d’actes d’appauvrissement de l’Afrique tels que cités au 1° précédent. Proposition n°9 : Engager sans plus attendre un e politique audacieuse de promotion de nos langues et nos cultures. Pour cela : 1°) Il faut engager une action vigoureuse pour que, au plus tard le 1er juillet 2011, les trous langues africaines les plus parlées soient utilisées comme langues de travail officielles de l’Union Africaine. Il s’agit d’éliminer la clause « si possible » contenue dans l’article 25 de l’Acte Constitutif de l’UA, car cette clause risque for de devenir « jamais possible ». 2°) L’Union doit faire obligation à chaque pays africain membre, de remettre, à compter du 1er juillet 2005 et une fois tous les 2 ans, un rapport à la Commission du l’UA, montrant les politiques engagées et poursuivies, pour la promotion des langues nationales et/ou panafricaines, ainsi que les résultats obtenus. 3°) Il faut encourager, dans chaque pays, la muse en ouvre de politiques audacieuses pour le développement des arts et des cultures de nos peuples. Proposition n°10 : Apprendre à la jeunesse africaine l’Histoire véritable de l’Afrique. Engager le travail nécessaire de préparation pour que, au plus tard le 1er juillet 2007 (donc au plus tard 5 ans après la naissance de l’UA en comptant l’année transitoire prévue dans l’Acte Constitutif), le pays africains aient réalisé une harmonisation de l’enseignement de l’Histoire de l’Afrique aux jeunes Africains. Notamment en ce qui concerne l’Antiquité, la période des grands empires et royaumes africains, la Traite des Nègres, la période coloniale, les luttes pour l’indépendance au 20ème siècle, le Panafricanisme. Dans cette perspective, il est crucial de rejeter d’avance et fermement, les thèses sans fondement, qui prétendent qu’enseigner ainsi aux jeunes africains ce qui s’est réellement passé dans leurs pays, leur continent et au sein de leurs peuples, reviendrait à encourager la haine contre d’autres peuples et pays, thèse qu’on ne demande pas aux pays coloniaux de mettre eux aussi en pratique. Proposition n°11 : Développer de façon harmonisée les sciences et les techniques en Afrique. A cet effet, au plus tard le 1er juillet 2003, des instructions claires doivent être données aux Comités techniques spécialisés en charge de la science, de la technologie, de l’éducation (prévues à l’article 14 de l’Acte Constitutif) pour qu’ils engagent sans tarder la réflexion et le travail afin que, au plus tard, le 1er juillet 2007, les contenus généraux essentiels d’enseignement des sciences et des techniques soient harmonisés dans l’ensemble des pays africains à tous les niveaux d’enseignement (pré-élémentaire, élémentaire, secondaire et supérieur). De plus, des politiques de formation en vue de l’émergence d’un plus grand nombre de scientifiques et techniciens africains de pointe dans tous les domaines, doivent être initiées et mises en œuvre, avec des objectifs chiffrés par période, et chaque pays africain devra rendre compte devant les instances de l’Union sur sa politique et les résultats obtenus, par exemple dans un rapport périodique public. Proposition n°12 : Doter l l’Union Africaine des moyens financiers nécessaires à son action. Il faut absolument évier que l’Union Africaine naissante sombre dans l’impotence financière du fait de la faiblesse et/ou de l’irrégularité des contributions des Etats membres. Pour cela, des décisions claires et énergiques doivent être prises et appliquées, pour assurer à l’Union des contributions régulières, consistantes, et qui soient cependant à la portée des Etats. A cet effet : 1°) La contribution de chaque Etat sera fixée à 0,2% (deux millièmes) du budget annuel de l’Etat. Chaque année, un « Chapitre spécial Union Africaine » indiquera, dans le budget de chaque Etat membre, le montant de sa contribution financière. 2°) Une date limite impérative doit être fixée (par exemple au plus tard trois mois après l’adoption du budget par le Parlement ou l’organe national qui a cette compétence) pour le versement à l’Union de la contribution financière de l’Etat concerné. 3°) Passé ce délai impératif fixé, les sanctions prévues à l’article 23 de l’ l’Acte Constitutif de l’Union devront être appliquées contre l’Etat récalcitrant, sans laxisme ni tergiversations. ************ En exposant ce 12 propositions à l’ensemble des peuples, des patriotes et des Etats africains à l’occasion de la naissance effective de l’Union Africaine, l’Union des Populations du Cameroun (UPC) est consciente qu’elle ne fait que son devoir envers nos peuples et nos pays. Elle est également consciente des enjeux pour l’Afrique, pour les peuples africains, et pour ce que représente la liberté véritable, l’indépendance nationale et l’amélioration des conditions de vie des habitants de nos pays en tous les points de notre Continent. Elle considère enfin qu’elle apporte ainsi sa contribution à la consolidation des bases de la paix en Afrique et dans le Monde. Douala, le 30 juin 2001 Pour le Comité Directeur De l’UNION des POPULATIONS du CAMEROUN (UPC) : Samuel MACK-KIT MOUKOKO PRISO (Elenga Mbuyinga) Victor KAMGA Porte Parole Secrétaire National à l’Organisation Membre du Bureau du Comité Directeur Dr BAKANG ba TONJE Martin TCHUANYO Jean Arthur AWOUMOU |